lundi 24 août 2020

Capéran 2020

 
Après avoir fait l'impasse en 2019 sur notre destination préférée de l'été, à savoir la République Libre du Capéran et ses entrailles, il nous fallait absolument retourner sur le Massif de Ger cette année pour poursuivre les dernières explorations de l'été 2018 !

La menace du Covid 19 plus ou moins écartée, du moins temporairement, nous avons pu finalement organiser un camp de deux semaines là-haut, du dimanche 19 juillet au samedi 1 août, quittant ainsi cette drôle d'ambiance régnant sur nos contrées et dans le monde à cause de la "pandémie".

Ce sont Thomas, Christophe, Jack et Valentin qui prirent les premiers la direction de Gourette. Le choix de partir le samedi 18 en soirée, après une après-midi à faire les courses et le conditionnement de la nourriture collective, était tout bon. Nous avons ainsi évité la grosse affluence sur les routes et sommes arrivés à midi le lendemain, non sans avoir pris quelques heures de repos à même le sol d'une aire d'autoroute.

 
Accueillis au Tremplin par notre ami Jean-Michel qui nous avait dégotté auprès de la Commune une chouette salle pour stocker nos affaires (Merci à la Mairie des Eaux-Bonnes pour leur confiance !), il ne nous restait plus qu'à manger une bonne garbure sur l'esplanade puis charger la montagne de matos dans le Def de Jean-Mi qui dans la foulée nous a monté au Plaa Segouné.  

Petit tri et rangement dans la cache effectués, nous pouvions embrayer par la marche d'approche. Arrivée au camp à 18h30, 24h pile après notre départ de Belgique. Les tentes montées et le souper avalé, en compagnie d'une nuée de mouches (impatientes surement qu'on remette les toilettes en route!), nous prenons encore la peine d'installer les tuyaux pour collecter l'eau de la source. Elle coule vraiment très peu, au point d'en être inquiétant pour la suite...Le soleil (merci à lui d'avoir été présent !) passé à l'horizon, nous n'avons pas demandé notre reste pour nous affaler dans nos sacs de couchage et faire un un tour d'horloge de sommeil réparateur bien mérité !


Lundi 20 : nous passons l'avant-midi à installer le camp, avec le placement des bâches sur l'abri (3
générations : l'orange, trouée de toute part; la verte bien entamée et par dessus tout la bleue dans un état correcte). Nous avions laissé le cordage inférieur en place. Il a bien tenu les deux hivers. Nous avons cette fois emporté un filet pour couvrir le tout sans avoir à tricoter nos vieilles cordes. On chipote quand même un peu mais le résultat est là, le vent peut souffler !

L'après midi, bien qu'il fasse toujours très chaud, on n'y coupe pas, il nous faut refaire un portage pour acheminer notre part de bouffe, notre matos spéléo perso et un minimum de collectif pour pouvoir commencer la spéléo demain. Thomas reste au camp pour fignoler l'installation (eau, panneau solaire, cuisine). Et c'est ainsi que la seconde journée filera pour se terminer sur un coucher de soleil dont on ne se lasse pas, suivi d'un ciel étoilé où nous observerons même la comète Neowise de passage et l'incroyable voie lactée !


Mardi 21/07 : jour de fête nationale, choisi par Bobo et sa sœur Mimi mais aussi par Ced et Aurélie pour prendre à leur tour la route vers Gourette qu'ils atteignent en début de nuit. Dodo à l'hôtel Tremplin où Jean-Michel les accueille.

Au Capéran, Christophe et Jack consacrent leur journée au rééquipement du LG 15 (Li Caillon), en vue des prochaines explos. Les cordes sont remises en place et quelques améliorations sont effectuées pour faciliter et sécuriser au mieux la progression sur cordes. Le début du boyau Lipophage est atteint mais comme il fallait s'y attendre, Christophe, ne pourra pas aller plus loin sans aménagement. Ce que c'est d'être trop baraqué !

Pour rappel, fin d'expé 2018, Ced et Jack avaient forcé une multitude d'étroitures jusqu'à s'arrêter au sommet d'une verticale estimée à une quinzaine de mètres, laissant supposer soit une jonction avec le Capéran, soit une nouvelle branche plongeant vers l'inconnu. Suspense...

 
Pour sa part, Valentin a refait courageusement un nouveau portage, profitant au passage du paysage et de l'ambiance de ce coin sauvage, royaume des edelweiss, et à l'affût des marmottes, isards et autre lagopède.

Mercredi 22/07 :  après être venu à bout du consistant petit déjeuner servi au Tremplin par Jean-Mi, Bobo, Mimi, Ced et Auré s'organisent et le Terrano de Ced chargé, ils montent à leur tour en jeep jusqu'aux lacs du Plaa Segouné où ils arrivent vers midi, en même temps que Christophe, Jack et Val venus à leur rencontre, rappatriant au passage une volée de vieilleries devenues inutiles au camp. S'en suit vous l'avez deviné un nouveau portage. Au camp, Mimi à l'idée géniale de mettre de l'eau chauffer au soleil dans nos marmites à moules, ce dont nous profiterons pour une bonne douche chaude en plein air, face à la majestueuse face W du Ger ensoleillée. Nous voici donc à 8 jusqu'à dimanche prochain.
 
Jeudi 23/7 :  Repos bien mérité pour Valentin et Jack. Mimi qui accuse un peu le coup reprend des forces. Quand à Christophe, accompagné par Tom, il va fignoler l'équipement de la zone d'entrée de l'UL15. Ced et Auré, après ablutions et lessives font leur second portage, avec du perso et du collectif. Et ceux qui connaissent Bobo ne seront pas surpris d'apprendre que du lever au coucher du soleil, il a promené des cailloux en vue de se faire un stock qui servira à consolider l'abri !
 

Vendredi 24/7 : depuis le début du camp, Chritophe et Jack se cassent un peu la tête sur les objectifs à prendre en priorité et en particulier sur la reprise oui ou non du Gouffre Liégeois Glacé BBS1. Aurons nous le temps, les effectifs, le moral, le matos en suffisance, la météo pour aller revoir la pointe qui nous avait tant déçue en 2018 (trémie infranchissable alors qu'on retrouvait une petite circulation d'eau) ?  S'il n'y avait encore un point d'interrogation à éclaircir et cette topo qu'on peine à lever complètement, on ferait le forcing pour tout déséquiper. Avant de décider quoi que ce soit, l'idée est d'abord d'aller voir si les conditions dans le puits d'entrée permettent d'accéder au P80 et au méandre glacé, cette zone nous ayant déjà joué bien des tours et contrarié les années précédentes ! 
 
 
Accompagné jusqu'à l'entrée par Val qui aide au portage de matos, c'est à nouveau Christophe qui prend l'équipement en main. . Il prend aussi sous son aile Auré qui découvre la spéléo sur le massif. Tom les suit, enfin jusqu'à ce qu'un morceau de roche (qui subit ici énormément la gélifraction) et le goujon cèdent sous son passage... Plus de peur que de mal. Le pire est finalement dessous car habituellement, les névés occupent les terrasses et le fond de cette énorme trou qu'est le BBS1 (40x10m) et profond d'une quarantaine de mètres. Or, cette année, tout à fondu ! Du jamais vu... Les fractios impossible à atteindre (et inutiles) mais surtout cette fonte à laissé, suspendus dans la pente qui suit et précède le P80, rochers et cailloux en instabilité totale ! La merde...
 
Pour Jack et Ced, c'est le grand jour. Enfin retourner derrière le boyau "lipophage" au fond de l'UL15 dit Li Caillon, avec tout ce qui faut pour équiper le puits sur lequel ils s'étaient arrêtés fin du camp 2018. . Le temps d'un nouveau fractio supplémentaire dans le P70 et vint alors le dépoilage et passage laborieux avec les sacs du méandre lipophage. Au sommet du puits, la foreuse est dégainée, MC et corde installées. Jack laisse Ced dépuicelé la verticale. Plein pot de 20m, superbe, légèrement flotté et qui débouche dans du grand. La suite : un haut méandre qui après 10m à tout casser croise une haute galerie où coule un ruisseau. Et là, au croisement, fallait s'y attendre, un beau gros cairn ! Nous sommes bien au fond de la galerie de l"Araldite", en fait à quelques dizaines de mètres de ce que nous avions baptisé l"Impertinente", sale trémie qui avale l'actif. La jonction est réalisée !
Avec le temps, la perte a un peu évolué car on y devine un passage entre blocs. Avec infime précaution, Ced se faufile, pour constater quelques mètres plus loin, tout est bouché par un genre de filtre de sable. Tant mieux, le truc est trop craignos !
 

Scénario finalement attendu que ce débouché dans le Capéran, dans cette zone à l'époque abandonnée faute non pas de perspective mais de moyens de désob efficaces. En particulier à cet endroit baptisé " le poclain", du nom de cet engin qui eut été fort utile pour forcer la suite. Pour l'atteindre, Jack refait les 2 escalades, faciles mais délitées. On remonte ainsi d'une bonne vingtaine de mètres, jusqu'à la base de l'immense éboulis qui continue à grimper dans un vide décidément grand. Avec les leds, ça change de la carbure de l'époque. La fouille de cette zone sera pour une autre fois. 
 
A la sortie des étroitures lipophages, l'idée de commencer à élargir est vite abandonnée, d'autant que la paroi gauche, gréseuse, résiste obstinément et qu'il fait très froid en ce lieu très ventilé.
A la remontée, nous prenons encore la peine de donner un petit coup de grâce à un sale coude dans l'étroiture "mortel combat" au bas du SNCB. Sortie tard dans la soirée, contents d'apporter la bonne nouvelle au camp et du coup de nouveaux objectifs.
 
Pendant ce temps, Bobo s'est forcé à faire une pause pour aller faire son second portage, en cie de sa sœur. Tout deux nous ramènent ainsi un max de nourriture. On ne manquera de rien ! Ah si : du papier cul ! C'est fou comme la réserve du début de camp à fondu... On rationne jusqu'au nouvel arrivage.

A noter aussi le passage en tout début de journée d'un groupe de randonneurs pensionnés partis à 5h des Eaux Bonnes et qui faisaient la boucle en allant sur Anglas avant de redescendre à Gourette, fameuse trotte.... Des connaisseurs qui habitent la vallée. Et bien au courant de notre présence, avec des connaissances communes. L'un d'eux se rappelait de notre collègue gendarme, un autre avait assisté à notre conférence du siècle dernier au Casino d'Eaux Bonnes. Marrant.
 
 
Samedi 25/7/2020 : De Belgique démarrent ensemble Solenn (RCAE), Coline et Colin, tandis que Pauline, DebA (RCAE) ont quitté en plein nuit le camp canyon du Tessin, prenant au passage vers Valence Robs venus du Doubs..... Les voyages forment la jeunesse !
 
Avec Valentin, Christophe quitte le camp fin de matinée pour descendre via pente herbeuse et Bouy Gourette. Objectif, faire à Laruns des compléments d'achats de nourriture pour la deuxième semaine.
Tout ça se terminera évidemment par un souper au Tremplin où ils passeront la nuit dans un vrai lit !
 
Au camp, bien que journée de repos, on notera quand même une grosse effervescence sous l'abri en perpétuelle aménagement rocheux. C'est que demain, nous y serons 14 à partager la "bulle". Fin de journée, le résultat est là, l'espace est encore plus accueillant !

Dimanche 26/7 : contre toute attente, Cédric a réussi à se lever tôt et est parti à la rencontre des nouveaux arrivants, en descendant chercher la moitié de la troupe avec sa jeep, l'autre étant acheminée par notre fidèle ami Serge. Les Theck iront accueillir tout ce beau monde au Plaa Segouné pour aider à ce nouveau portage. Si bien, qu'en début d'après midi, certains étaient déjà disposés à faire un petit quelque chose sous terre. Pauline et Solenn elles refont un portage dans l'après midi.
 
BolsonaRobs, aux anges !
 
Ainsi, une équipe s'en alla au BBS3 (sans nom), petite cavité faite d'un P20 d'entrée que Jack voulait revoir pour s'attaquer à l'étroiture qui se trouve à sa base. Vue avec Greg il y a de ça des années, on l'avait qualifié d'impénétrable mais de toute évidence, si on en croit le croquis des BBS de l'époque, ça a été franchi (ça devait être un anorexique !!!). Pour l'heure, accompagné de Coline et Valentin, l'idée était de la rendre pénétrable. En fin de séance, c'était quasi le cas, manque peu de chose. A suivre, tout en notant que la chatière est ventilée mais en réalité, le courant d'air va et vient, et donc en relation avec la surface mais peut être pas que....
 
 
A coté de ça , pour ne pas laisser Colin inactif, Christophe, avec DebA est allée d'emblée ressortir les cordes du BBS1, la décision finale prise de laisser le trou vivre sa vie sans nous cette année. Et de récupérer du coup du matos pour fonctionner ailleurs.
 
Ced et Aurélie, décidés à repartir déjà demain, rapatrient une partie de leur matos au Lg 10 avers l'intention d'équiper le trou. Mais le projet est trop ambitieux. L'entrée atteinte, ils se satisfont de la ballade pour rentrer au camp.
 

Lundi 27/7 :
 
 
A l'Ul15, c'est le défilé.  En éclaireurs, Bobo et Tom y descendent pour aménager l'entrée, ou plutôt la sortie, genre de gros terrier ouvert juste ce qu'il fallait à l'époque (en 89...) et dont on s'extrait trop laborieusement. Ils en feront un boulevard !
 
L'équipe Jack, Colin et Pauline prennent les devants pour aller refouiller la zone terminale supérieure de l'Araldite au fond du Capéran. La corde du P40 est remplacée au passage par une bonne nouvelle 10mm. Ils reverront ainsi après mise en place de nouvel équipement dans les escalade la base du grand puits remontant (>40...) ainsi que l'arrivée du courant d'air glacial émanant de l'énorme trémie qu'on imagine en relation avec le BBS1. Ils remontent aussi un petit affluent mais déjà vu à l'époque et sans suite. Petit bout de topo levé au retour mais point de départ qui corresponde à nos souvenirs du méandre Poclain :-( 

Point chaud à la jonction, coté Capéran.

Robs, qui découvre enfin le Puits de l'Ange qu'il avait ouvert sans jamais le descendre, assistée par Solenn suivent dans la foulée jusqu'au boyau Lipophage où ils s'évertuent pendant deux heures à le rendre plus confortable par tous les moyens, même que Solenn y prend goût !

Enfin, Christophe, DebA et Coline font également la descente, se contentant de la visite et de quelques aménagements d'équipement.
 
A la sortie, tous échapperont au gros orage tombé sur le massif, les premiers rentrant avant, l'équipe des pointus, juste après.
 
Ced et Auré auront échappés à ça ,redescendus dans la journée à Gourette pour continuer leur périple dans la région (Gavarnie, etc)


Mardi 28/7 : le beau temps est de retour. Certains, dont les vieux qui ont besoin de repos, en profitent. Valentin et Colin eux ont décidé d'aller au Ger après un crochet au Plaa pour remballer poubelles et autres surplus de matériel collectif. Mimi les retrouve pour faire le sommet avec eux mais aussi Christophe qui est allé déposé son matos perso à l'entrée du LG10 pour les explos de jours à venir.
Ced et Auré ont pour leur part comme prévu quitté le camp pour poursuivre leur périple vers Gavarnie et autres spots pyrénéens.
 
Mercredi 29/7 : Le LG10 est donc l'objectif de Pauline, Coline et Christophe. Départ vers 10h. Ils rééquipent le trou de cordes, passant donc via "Sissi la Grosse" pour aller au terminus de l'équipe du RCAE en 2018. Ca ne va pas tout seul, en chemin, une corde n'est plus en place pour continuer et il l'équipement demande quelques retouches. C'est que pour reprendre l'explo en laquelle on croit, on veut être à l'aise dans la progression, question d'efficacité. Bref, contrariés, ils n'atteignent pas cette fois le terminus.
 
 
L'UL15 est à nouveau au programme pour Solenn et Papy Robs, cette fois pour aller  (re)voir de leur yeux le fond du Capéran et avec l'idée de trouver un futur endroit de bivouac qui pourrait nous éviter les aller venues l'an prochain lorsqu'on y reprendra les travaux. Colin emboite le pas et les accompagne. Attiré par un orifice entre trois dalles à proximité du gros souffleur froid, il mettra le doigts sur ce qui devrait être le fameux Poclain, sans pour autant s'y insinuer par prudence. 
 
Annonçant la nouvelle à Jack et DebA venus à leur rencontre après avoir glacialement levé la topo du Lipophage, Colin laisse le couple Robs Solenn remonter et va leur montrer ça. Ni une, ni deux, pour en avoir le cœur net, il s'enfile dans le passage finalement stable et de fait Jack retrouve le cairn d'antan au bas d'un ressaut étroit à l'entrée d'un méandre impénétrable en l'état mais avec souffleur. L'endroit de bivouac repéré par Robs est à 10 m, génial !
 
Mais du coup, que faire ? Déséquiper la cavité comme prévu initialement ou faire encore le forcing demain, dernier jour "ouvrable" qu'on pensait occuper un peu relax à autre chose !? S'affrontent la fougue du jeune Colin et la raison du vieux Jack. Finalement, le moral de Jack fait peser la balance pour une pointe au finish demain....  Remontée sans trainer, DebA en tête. Colin qui ferme la marche se fait une petite frayeur dans un des coudes étroits du lipophage, une morceau de cailloux se décrochant de la paroi. Il se coincera in exremis sans faire de mal.
A la sortie, à notre annonce, Solenn se dit partante pour demain, yes ;-)
 
 
Jeudi 29/7 : Mimi continue à avoir du travail, prodiguant ses petits massages et soins kiné. Merci à elle pour tous ses bienfaits !
 
Pour un peu distraire Bobo du linteau qu'il compte absolument mettre cette année, nous lui commandons un muret pour les toilettes, question que nos postérieurs échappent au vent et à la pluie au moment crucial, voire aussi aux regards distraits en direction du trône. Mission remplie évidemment, avec l'aide de ses assistants motivés.
 
Pas question pour Christophe, Coline et Pauline de rester sur leur faim, ils retournent au LG10 pour poursuivre l'équipement jusqu'à ce fameux point d'interrogation qui s'avère être une tête de puits mais au départ tortueux et étroit. Ils en resteront là pour cette fois.
 
Enfin, côté UL15, rassemblant toutes leurs forces, le trio Jack, Colin et Solenn s'empressent d'aller au fond. Au passage, le bloc qui la veille avait failli joué un tour à Colin, est réduite en miettes, ce qui rend le passage d'autant plus aisé qu'avant.

Arrivée en début d'après midi au futur endroit de bivouac dans le Capéran. Tandis que Jack commence à travailler sur le Poclain, les deux d'jones aménagent le sol du bivouac baptisé "Ibizard". Et en musique car on a un smartphone et un baffle ext bluethooh !!! 
 
Puis à tour de rôle, on relaye sur le chantier. Dans un premier temps, Colin et Solenn parviennent à passer derrière à l'horizontale la fissure ouverte juste ce qu'il faut. Mais la suite et le courant d'air ne sont pas derrière. Alors, on reprends la désob à 45 degrés vers le bas. Déjà moins facile, plus inconfortable. A force de se remuer à faire des allers retours dans les passages, à sortir du cailloux, il est vite 17h passés. Encore une petite soupe sous la burka (fait caillant !), et nous entamons la remontée vers 18h. Solenn qui a des choses de filles juste maintenant a bien du mérite.... 
Colin suis avec aussi un bon kit, et Jack en déséquipant. A noter qu'il faut un peu moins de 50 mousquetons, toutes plaquettes sont en place. 
 
Encore une bonne sortie, avec au final une avancée de quelques mètres, et toujours un bon espoir de continuation. Avec aussi, un autre point d'interrogation venu s'ajouter. Il se situe sur la terrasse au dessus de la première escalade au dessus de l'Impertinente ,en paroi gauche : un trou noir visible entre les blocs. Mérite vraiment qu'on regarde ce qui pourrait s'y cacher, des fois qu'il permette de retrouver le ruisseau qui nous échappe. Mais ce sera pour l'an prochain !

Vendredi 30/7 : on est tous un peu cassés mais pas le choix, vu que démain, on démonte, il nous faut chacun déjà rappatrier un max de notre matos sur le Plaa Segouné. Chacun à son rythme avec plus ou moins d'énergie suivant l'âge ! La météo est toujours avec nous, c'est déjà ça.

Franchissement du Col de Ger, abrupt à souhait

Robs et DebA qui se sont reposés hier corsent un peu les choses en descendant au LG10, pour voir et se rendre compte de leurs yeux d'abord, puis déséquiper, pour enfin aller déposer leur matos perso aux lacs. Autant dire, qu'ils étaient contents de rentrer le soir au camp où rangement, tri, inventaire allaient déjà bon train ,question de s'avancer pour demain.


Samedi 31/07 : nous avons rdv avec Serge et son 4x4 à midi aux lacs, ensuite 14 h avec Jean Mi. On est donc tous debout à 7h pour un dernier petit déjeuner avant d'enlever les bâches, fermer encore quelques bidons et stocker tout ça. Nos tentes démontées et tout embarqués dans nos sacs ou sur les claies, nous nous divisons. A douze pour deux jeeps, avec tout le matos, ça ne le fait pas. Aussi, Christophe, Coline, Val, Mimi et Pauline font il le retour dans la vallée via la pente herbeuse. Superbe ballade sauf qu'ils l'ont réalisé presque entièrement dans la brume ! Et dans ce cas, il est temps de bien connaitre ! Retour classique pour le reste de la troupe et rendez vous tenus. 

 

Tous réunis dans la salle de la commune, on se réorganise pour les retours en voiture. Après quoi, nous nous retrouvons autour d'une bonne table au Tremplin pour un gueuleton préparé par Jean-Mi en personne. 

Restait plus après ça que de faire le plein de fromage du pays et de Jurançon. Tous nous quitterons Laruns vers 18h, certains optant pour un retour via Toulouse, d'autres via Bordeaux et quoiqu'il en soit un trajet sans soucis, avec juste quelques heures de repos pendant la nuit et arrivée vers midi chez nous.

CR et clichés JCL -2020


 En attendant d'alimenter l'album photos avec la sélection photos des participants, voici celle de Jack
 

 



dimanche 2 février 2020

Magne t-on, creuse t-on ?!

-"moi, je n'ai pas très faim !"

Entrée inférieure du boyau des "roussettes"
L'actualité spéléo "liégeoise" fait que, depuis septembre 2019, le trou Wuinant post siphons est accessible en passant les ex longs verrous noyés seulement via quelques apnées. Plusieurs membres de Continent 7 ont alors eu l'occasion de se joindre aux différents clubs qui sont sur le coup; le GRSC et le SC Cascade déjà très actifs sur le secteur mais aussi le SC Avalon venu en renfort.

Ceci nous a amené à nous intéresser à ce beau vallon sauvage qu'offre la Magne et que plusieurs d'entre nous ont fréquenté plus ou moins assidûment dans leur jeunesse et même plus tard.

Après être descendus plusieurs fois au Wuinant pour aider nos collègues à grimper, baliser, topoter, photographier, plonger, bref réexplorer l'incroyable collecteur, faire le tour des phénomènes de surface s'imposait pour mieux cerner le système.

Le trou "horizontal", un des nombreux chantiers GRSC, tout en amont du recoupement de méandre
C'est ce que j'ai fait en partie par le plateau en sortant du Wuinant le 11-01-2020 en compagnie de Frits avec qui j'avais parcouru bois, prairies, ravins et berges amont de la Magne. Impressionnant de se rendre compte à l'air libre tout le chemin qu'on parcours sous terre ! 


Avec la perspective qu'offre la nouvelle topographie en cours, exécutée par l'expert Paul De Bie, et un bout de première réalisé derrière un S3 abaissé la semaine précédente, il nous fallait absolument aller revoir deux petites cavités situées dans l'axe, dans un coude prononcé de la rivière, une centaine de mètres séparant ces deux points.

Avec Bobo Theck (on ne pouvait espérer meilleur guide car il connait l'endroit par cœur), Cédric et moi y avons passer l'après midi du vendredi 31/01/2020.

Nous avons ainsi revu en rive gauche au niveau convoité, outre quelques petits phénomènes bouchés, le "boyau des roussettes" (Akwa 427-190). Avec une entrée inférieure au pied d'une sympathique petite falaise et une ouverture dans le talus quelques 10 m en contrehaut et ventilées. De prime abord, le petit conduit de droite en bas me semble être l'ancienne perte et Cédric qui a bravé l'odeur de blaireau pour voir le terminus, pense que ça pourrait être travaillé, après avoir rendu l'entrée un peu plus sympathique.

P7 d'entrée du "Matin Calme", au final pas trop instable
En remontant ensuite le talus, nous tombons un peu en aval sur une doline, ex-perte de la Magne. C'est le trou du "matin calme" (drôle de nom...), ouvert par Abyss et le GRSC, conjointement ou pas mais les deux y ont travaillé et pas un peu ! Pour finalement le délaisser... 
On y place une C10 et Cédric pointe le fond. Pas mal dira t il, faudrait les encourager à reprendre ce chantier.

Retour via le gué de St Hadelin pour donner un coup de main très ponctuel mais efficace et apprécié, à Patrice D. et Francis P. (GRSC) à l’œuvre dans le Trou de la Haminte (une autre histoire)


Le lendemain, samedi 01/02/2020, c'est à 7 que nous nous retrouvons sur le parking habituel, impatients de retourner en amont du Wuinant pour voir où nous mènera l'affluent derrière la voute mouillante (plutôt souillante !!) du S3. Mais la météo n'est pas avec nous, il tombe des cordes en trombe !  Un pow-pow de circonstance s'impose. Bien que nous ayons connu cet hiver plusieurs épisodes très pluvieux, nous avons toujours pu franchir les voutes basses. Mais nous avons aussi constaté qu'entre deux visites, l'eau avait recoulé dans les zones siphonnantes. Qui sait si elles avaient été remises en charge momentanément ?

Paul consulte Aqualim et nous voyons le débit de la Magne passer en une demi heure de temps de 1m3 à 2m3... Prudents et raisonnables, et tout aussi inquiets pour notre réputation (4 d'entre-nous sont membres de spéléo secours ;-) que par l'idée de se faire bloquer, nous décidons d'être sages !

Surveillance de la Magne via Aqualim

Du coup, nous formons deux équipes. Paul, Erik et Frits feront la topo des puits d'entrée et par la même occasion verrons en direct -après que Frits ait fait malgré tout une "petite" reconnaissance en amont- la rivière se remettre à couler et à une vitesse v-v' et alors réamorcer le S1. Bien nous a prit de ne pas tenter le diable !

La crue arrive à l'aval du S1 ! (photo Paul De Bie)

PDu, Cédric, Bobo et moi optons pour retourner en bordure de la Magne, pour sonder les deux chantiers observés la veille. Le gué de Saint Hadelin impraticable, nous faisons un grand tour pour atteindre la doline du "matin calme" perdu dans un chablis, qui me fait dire que ça n'a pas toujours été le cas... Ced et moi descendons le puits et pendant 3 bonnes heures, nous remplissons et tirons une centaine de seaux, non sans avoir mis à l'abri une famille de tritons et une grenouille.


Tritons (bien qu'ils soient quatre...)
Alors que nos prédécesseurs avaient tenté la suite vers le N, j'ai opté pour tenté vers le Sud, vers le Wuinant. Au début, rien de vraiment évident mais au fur et à mesure, un conduit de 40 à 50 cm de large est apparu. Un mètre cube de sédiments et secs ont été extrait sans difficulté; "Y'a plus ka "poursuivre en gardant le même gabarit pour travailler à l'aise ! En espérant que ça ne fera pas 10 m de long...




Pendant ce temps, Patrice et Bobo sont allés tenter leur chance dans le boyau des roussettes, pouvant observer au passage la Magne en furie ! Et pour cause, vers 12h, elle a atteint un pic de 7m3 !

Au plus fort de la crue, ici au niveau des Roussettes, l'eau passait sur le bloc en avant plan...
Percevant un courant d'air soufflant aux deux entrées, il se sont acharné dans une fissure espérant entrer dans le massif. Mais au bout du compte, ils ne feront qu'un malheureux bouclage avec du connu :-( 
Restera à revoir le conduit qui "blaire". Chantier probablement un peu difficile mais pour moi une option intéressante pour rejoindre le Wuinant. 

Croquis exhumé des archives de Robert Theck, daté de l'été 1993 et représentant le boyau des Roussettes.
La décrue en cours (lentement),  nous rentrons par le gué qu'on traverse avec l'eau jusqu'aux genoux (pour certains ;-) et en observant que le chantoir principal a absorbé une grosse quantité d'eau, forcément. La Haminte a elle été épargnée.


Cela étant, notre idée n'est pas de nous acharner sur les chantiers décrits, nous délaissons déjà trop ceux que nous avons de notre côté en cours et en projet. Espérons seulement que ça donnera envie à ceux qui bossent là avec tant de persévérance de les reprendre et poursuivre avec succès Sans toutefois refuser de continuer à venir en renfort ponctuellement.


Le gué de St Hadelin en haute eaux

Pour ce qui se passe au Wuinant, cela fait déjà l'objet de différents compte-rendus sommaires sur les blogs et pages Facebook, dont la nôtre.  Quelques photos et vidéos circulent aussi.

Un résumé de notre participation reste à rédiger.

Teste et photos
Jack (JC London)