jeudi 6 septembre 2018

Caperan 2018


Partis de Belgique le 21 juillet, et après deux jours passés à Sainte-Engrâce pour d'abord faire la descente du canyon Errekaltia (CR) et le lendemain effectuer la traversée de la Pierre via la Tête Sauvage (CR), Tom, Christophe, Coline, Cédric, Françoise avons quitté le camping pour rejoindre Oloron où nous faisons les grosses courses pour la première semaine de camp que nous allons passer sur le lapiaz du Capéran (massif de Ger)/ Bobo et Pauline nous quittent, vacances terminées.


Mardi 24/8 Arrivée à Gourette en soirée, bénéficiant fort heureusement de la réouverture de la route au dessus des Eaux Bonnes . Elle faisait depuis plusieurs semaines l'objet de réparation suite à un gros éboulement qui avait isolé la station trop longtemps ! Et vu que le Tour de France allait y passer... 

Nous prenons rapidement contact avec notre fidèle ami Serge et apprenons aussi avec bonheur que Jean-Michel est de retour sur Gourette cet été, au pied même des pistes, précisément au "Tremplin" où il a repris l'hôtel familial. Du coup, on sait où (bien) souper !!! Mais grâce à lui aussi où dormir, à savoir à la Québotte inoccupée, contents de pouvoir récupérer de la trop courte nuit de la veille.

Mercredi 25 :petit déjeuner chez Jean-Michel et préparation matos perso et collectif sur le parking de la caserne (où nous n'aurons plus le pied à terre d'antan, la nouvelle hiérarchie en ayant décidé autrement).

Serge se coupe en quatre pour nous monter en deux fois aux lacs du Plaa Segouné par la piste heureusement ouverte par la pelleteuse. Grand beau pour rejoindre le camp en fin d’après midi.  On s'attendait évidemment à beaucoup de neige, vu les chutes très tardives de ce printemps. Et de fait, il en reste beaucoup mais sans soucis pour le passage du col de Plaa Segoune. Par contre celui du Ger est toujours occupé  un gros névé très pentu et nous demande l'installation de cordes pour descendre par la droite où le pierrier est fort raide et instable, d'autant plus  difficile à franchir chargés comme nous le sommes.
Arrivée au camp fin d'après midi. Sortir tout de la cache et monter l'abri nous demande 3 bonnes heures sous un soleil pétant, accablant. Souper et dodo bien mérité 

Jeudi 26 : comme de coutume le deuxième jour, portage bouffe pour tous (sauf Thomas dont le genou est gonflé :-(

Vendredi 27 : toujours beau et chaud, bien pour le tour de France qui passe le col de l'Aubisque today. Tom est toujours cassé de partout mais  accompagne cependant Jack à l’entrée du BBS1 que ce dernier équipe jusqu'au sommet du grand puits glacé. Plus qu’à espérer que la lucarne en bas soit elle aussi ouverte. 

De leur côté, Christophe, Coline et Cédric, les CCC, terminent le déséquipement du gouffre de l'Aurebede, tâche compliquée qui les oblige à descendre avec quelques nouilles jusque - 200 d'où ils sortiront plusieurs kits de cordes bien tassés. Sortie très tard dans la soirée, ce qui nous aura un peu inquiété au camp même si on sait comment ça va.

Ainsi, c'en est fini pour nous de l'Aurebede. Après 8 ans me rappelle t-on depuis nos premiers pas dans ce trou.. Je reste frustré de ne pas personnellement avoir vu le fond connu (il s'en était fallu de peu, une petite nouille seulement...) Après la fouille au niveau du terminus et la topo par le RCAE en 2016, il n'y avait plus lieu d'insister mais bien de récupérer les centaines de mètres de cordes en place. La page est tournée...

Samedi 28 juillet : brouillard et soleil se partagent le ciel. Temps finalement très agréable pour un jour de repos, à savoir rapatrier du col de Ger les quelques 250m de cordes sorties de l'Aurebede. Seules la moitié sont encore en état, les autres (vieilles Edelrid) serviront au camp pour l'abri. On laisse environ 50 m de Roca ici, en prévision d'un équipement fixe dans le col lorsque les conditions sont difficiles.. 

Check à la descente vers le camp des trois dolines proches de l'UL10 qui au fil des années s'ouvrent de plus en plus et mériteront qu'on s'y à acharne sérieusement.

Préparation de la pointe de demain au BBS1, objectif majeur qui espérons payera !

Dimanche 29/7 : grand jour pour le BBS1-Gouffre Café Liégeois Glacé. Christophe, Cédric et Jack quittent le beau soleil vers 10 h. Il en ressortiront dans la nuit après 17 h à équiper, remanier, progresser, porter et finalement reprendre la pointe derrière le méandre dit du « tortillard ».

La suite tant attendue est un P15, vaste mais qui s'enquille dans un nouveau méandre à différents niveaux. Rien de très réjouissant, Christophe pense que l'aventure se termine là, Cédric insiste mais tourne en rond… A force, Jack trouve final le moyen de passer le méandre baptisé dans la foulée « la promenade dominicale » !

La récompense est derrière: P 10+R5 et on y croit ! Mais pas longtemps… soupirail impénétrable... Pas possible ! Le courant d'air soufflant et glacial est un peu moins fort. Une lucarne s’ouvre au sommet. Pas le choix, Jack s'engage dans une escalade artificiel. Une demi douzaine de goujons et on atteint une plateforme. Cédric descend un boyau qui fait suite et au final se retrouve au dessus mais derrière le soupirail. De là, il parvient à ouvrir une autre petit lucarne et par un P5 reprendre pied au soupirail, sans refaire le tour. En aval, le méandre continue, arrêt sur R5 à équiper avec le ruisseau qui montre le chemin vers l'inconnu… Il est 22 h et on est transis. Stop, on remonte.
Deux heures jusqu'au point chaud…saloperie de méandres et étroitures.... Une petite heure a de restaurer en essayant de se réchauffer et encore deux bonnes heures à ressortir via le grand puits gelé et surtout flotté, avec K-Way. Il est 4h du mat quand on rentre avec la lune au camp. Encore un fameux TPST dans les pattes...plus mon truc ça de dépasser les 12 h !

Lundi 30/7 : récup et nettoyage sous le grand beau, quel chance avec la Météo ! Dernier jour pour les Bando. Inauguration de la piscine creusée par Cédric et tri + rangement de l'abri.

Mardi 31/7 : pas de visite matinale de Serge comme il l'avait envisagé pour venir voir les isards, dommage. Christophe et Coline s'en retournent en Belgique via Bouy et Bezou. Cédric les accompagne à Gourette pour récupérer des affaires, descendre les poubelles et charger une batterie. Retour prévu par le Plaa Segoune mais au final il passera l’après midi, la soirée et la nuit en bas. Tom garde le camp.

Jack et Françoise quittent aussi le camp pour une randonnée vers Anouilhas, le col de Lurde et la cabane du Cezy dite "des spéléologues" où il passent la nuit. Ils font connaissance avec le berger 80 ans et sa femme qui on connu toute l’épopée des explorations du SC Bordeaux sur ce réseau des Eaux Chaudes (11 bornes, +800 derrière siphons...) . Des bons et mauvais souvenirs à les écouter. La cabane est chouette, juste un regret, nous sommes dans le brouillard et du coup aucun paysage, qui pourtant doit être exceptionnel ! J’aurais aimé un peu arpenter le plateau, ce sera peut-être pour demain matin.

Mercredi 1/8 : Serge monte Cédric au Plaa à 6 h du mat en allant "aux juments"! Là haut, beaucoup de vent. Il embarque le second panneau solaire et batteries qui installés donnent de bons résultats.
Aux cabanes du Cezy, le brouillard à disparu, c'est superbe. Petit déjeuner en terrasse avant de quitter Jacques et Jacqueline. C'est ensuite la séparation pour Jack et Françoise. Elle reprend le GR10 vers le pont de Goua puis Gabas d’où elle montera sur Bious Artigues et continuer vers la vallée d’Aspe.
Jack lui part à l'opposé vers Gourette, superbe ballade avec vue sur la vallée du Sousoueou, puis montée au col d'Hourquette, descente au lac d'Anglas, Plaa de Bach et finalement Gourette pour terminer à une bonne table chez Jean-Michel.

Jeudi 2 : Thomas a quitté le camp au petit matin un jour plus tôt que prévu. Ced ne sera pas longtemps seul car Jack remonte au camp via les œufs, Bezou, la prairie de Bouy et la redoutable pente herbeuse sous le cagnard.

Fin d’après midi, montée pour le duo jusque l'UL10 pour creuser dans la dépression à côté, d'où émane un C.A. Beaucoup de cailloux sortis mais chantier de longue haleine en espérant que ça ne retombe pas dans le gouffre à coté, l'espoir étant de donner un accès à l'amont du Capéran. A suivre.

Vendredi 3/8 : toujours à 2 en attendant la relève,  Cédric et Jack optent pour un objectif peu engagé sans personne en surface : l'UL12, gouffre de la Combe Cachée, où la fissure à -25 env s'était encore bien défendue en 2017. Ambiance toujours aussi glaciale, la neige étant encore bien présente au fond. Malgré ça, la fissure "récalfiltrante" est accessible et dans l'état laissée en fin de camp 2017 par Pascal V. et Tom, à savoir presque franchissable mais pas encore... et toujours avec l'écho d'une verticale d'une dizaine de mètres derrière.

Nous sortons toute notre force de persuasion et d'énergie pour ouvrir encore un peu cet étau rocheux. C'est dire beaucoup de gymnastique car l'endroit n'est pas commode et il faut faire des va-et-vient dans le dernier ressaut. Pas assez toutefois pour avoir vraiment chaud. On optera d'ailleurs pour prendre le goûter en surface avant continuer. Finalement, Ced tente le passage sans baudrier, en partant les pieds devants et assuré à la taille. Ca passe, limite, mais il est derrière où il peut se coincer en oppo à l'aise. Un goujon est placé, il remet son baudrier et peut enfin descendre le Puits qui fait finalement une douzaine de mètres, relativement vaste, avec l'arrivée d'une cheminée de la surface. En bas, pas de chance, ça se resserre méchamment mais une suite est visible. Je lui envoye tout ce dont il a besoin pour tenter d'ouvrir un minimum cette nouvelle étroiture et pendant qu'il y travaille une petite heure, je remonte reprendre des calories en surface. A mon retour, Ced est en sommet du puits et m'annonce qu'il est passé à "hip" mais après un nouvel élargissement, ça devient totalement impénétrable ! Il y a bien une cheminée qui pourrait être escaladé mais rien en vue en hauteur qui justifierait qu'on revienne. Il repasse sans soucis la "recalfiltrante" et nous remontons pour rentrer au camp à la tombée de la nuit, laissant le déséquipement à un autre jour.

Après bien des espoirs et beaucoup de contrariétés ces dernières années pour passer ce terminus prometteur, le verdict est malheureusement là... Une porte se referme sur le lapiaz. Démotivant !

Samedi 4 : bien que nos panneaux solaires ait fonctionné à plein rendement et rempli nos deux batteries tampons, nous avons du mal à recharger les batteries de la foreuse. En fin de compte Cedric décide de descendre dare-dare à Gourette, avec l'intention de choper les oeufs à Bezou avant mi trente et surout à temp pour remonter avec la navett jeep qui monte aujourd'hui l'équipe du RCAE au Plaa. Ses cuisses et ses mollets s'en souviendront mais il l'a fait ! Du coup, retour tous ensemble et tous bien chargés au camp, y compris Jack venu à leur rencontre au Plaa.

Dimanche 5 : Alors que l'équipe SSUL est bon pour un second portage (principalement bouffe pour tenir la semaine mais aussi complément matos spéléos pour les objectifs en vue), Jack et Cédric s'engagent dans l'UL1-Gouffre du Capéran pour rééquipement de la cavité jusque -270.

Départ à 13h avec une nouvelle C70 pour le puits d'entrée, occupés par ailleurs par des choucas et leurs oisillons. S'ensuit la remise en place des cordes stockées en sommet de puits sur plaquettes laissées en place il y a deux ans.

Tout baigne jusqu'au P "soixante-dix". Au fractio à 20 m du fond, bout de corde et aucune en vue pour continuer plus bas ! Étrange et très contrariant... Heureusement, nous avons emporté une C30 (prévue pour plus bas) qui fait l'affaire et nous permet de prendre pied sur la grosse marge dite du "V". Il y a ici stockées +/- 150 m d'anciennes cordes Edelrid. A défaut, la suite de l'équipement se fera avec celles-là.

C'est jusqu'ici que Jack avait en 2016 retravaillé tout l'équipement du trou. C'est donc le moment de sortir la foreuse. Facile désormais grâce à elle d'imaginer  et réaliser des amarrages pratiques et securit, là où à l'époque planter un spit s'avérait trop difficile et éreintant, à forciori deux ou trois au même endroit !

Le shunt de la dernière longueur du grand puits (archiflottté en crue, le piège !) fait ainsi l'objet de nouveaux ancrages, tout comme les puits et ressauts suivants. Une vingtaine de goujons plus tard, nous atteignons l'objectif fixé, à savoir l"Hôtel sans étoiles" à -270, là où nous bivouaquions quand nous étions jeunes.... Comment avons nous pu passer tant de nuits en is-hamac à cet endroit...).  il y a ici aussi un kit de cordes qui pourra servir demain pour l'équipement des puits d'Iscoo puisque c'est là dessous, à -300 que sont sensé oeuvré la prochaine équipe.

Il est 21 h, c'est le temps de se faire chauffer quelques nouilles et reprendre des forces. Une heure plus tard, nous empoignons nos bloqueurs et remontons à notre aise vers la surface.

Au sommet du P70, nous trouvons par hasard l'explication à notre soucis de manque de corde.
La nouvelle C100 qui nous avait fait défaut était planquée dans un endroit improbable, totalement en dehors du passage, loin du fond du puits, le fait étant que l'ancienne corde était toujours à disposition... bref.

Sortie en 2h30 çàd à minuit trente, accueillis par Oli qui  réchauffe le souper. TPST : 11h30.

Lundi 6 : LG10 pour Olivier, Alex et carotte. Bilan ça continue au-delà de l'escalade via étroiture et puits à descendre toujours dans le pendage! Bonne nouvelle.
C'est aussi le grand départ pour Robs qui depuis deux ans travaille Charlotte et Solenn pourqu'elles les accompagne à la cascade amont du collecteur, en vue de réaliser une longue escalade au dessus de La Luciole mais aussi d'y bivouaquer ! Beau baptème en vue pour les deux filles. Ca fait évidemment pas mal de matos tous ça... Sylvain et Caro font l'aller retour pour les aider à porter trois kits. Voir CR du RCAE pour leurs impressions !

Mardi 7 :

Repos pour Sylvain et Caro, préparation et dépôt matos au LG10 en vue de la pointe de demain our Alex Carotte et Oli.

Vu l'orage prévu fin de journée, le projet initial de Jack et Ced visant de retourner à la pointe du BBS1 est prudemment reporté à plus tard, en espérant de meilleures conditions, sans quoi...
L'UL15, dit Li Caillon, est une alternative tout à fait raisonnable et motivante. C'est déjà l'occasion de revoir l'équipement du puits des Anges, en changeant la C60 par une C75 et en plaçant un fractio à mi puits (un second ne serait pas de trop) et surtout en remaniant celui de la terrasse. Ouf, plus de passage de nœud à la c**.

Petit pause noodle pour dîner et direction le fond, vers -200 pour s'attaquer au méandre qui l'an dernier avait stoppé net Pascal, Jack ayant quand à lui pu s'y faufiler sur 5 à 6 m jusqu'à un coude étroit laissant entrevoir une suite toujours étroite mais suite quand même, avec C.A. et petit actif, bref pas de quoi laisser tomber !

La première tâche est de rendre ces premiers mètres un peu plus humain. Tout juste quand même car on n'a pas trop envie de gaspiller l'énergie et la marchandise...Mais à coup de marteau, ça passe relativement bien et on s'attaque donc à la suite. Le coude se laisse faire et contre toute attente, ça passe d'un coup. Encore quelques constrictions plus ou moins gérables en l'état et nous débouchons sur un beau R5 plein pot. Ah ah !

Il nous reste une bout de nouille et un goujon (toujours vouloir être léger...) qui se trouve avec nos baudards avant le méandre... qu'on repasse et re-repasse. Il est 17h, c'était l'heure fixée de remontée, question de sortir avant l'orage annoncé vers 20h. Mais bon, on ne devrait pas risquer grand chose ici. On se donne une petite heure de rab. Zou, on se retrouve à la base du puits. C'est vaste mais une nouvelle étroiture à ras de l'eau se présente. Baudriers enlevés, ça passe, ouf ! La suite s'élargit bien et un puits s'ouvre quasi directement dans le plancher, estimé à +/- 15m. Ce sera pour 2019... Cette verticale débouchera-t-elle finalement au bout du méandre de l'Araldite de l'UL1 (ça nous permettrait d'y retourner travailler sans bivouac, là où faute de moyens nous avions abandonné) ou alors allons nous passer dans l'inconnu, à moins que ça ne donne dans le BBS1 ? Suspens...

Il est 18h, étant de toute manière à cours de matos, nous re-re-repassons le méandre et remontons. Retour vers 21 h au camp, sous le brouillard, alors que nos amis en surface viennent de subir un bel orage, avec grêle et tout ce qu'il faut mais finalement non ressenti sous terre.

(A noter qu'il faut +/- 30 mousquetons, 3 de, qu'il faudra doubler quelques fractionnés et aussi changer le bout de 8mm qui précède le dernier grand puits)

Sortent en même temps Charlotte, Solenn et Robs du Capéran. Le bivouac s'est finalement bien déroulé vu la fatigue accumulée à et l'escalade, bien que très ardue, a débouché sur une belle galerie qui a permit de retomber dans le cloche du siphon amont mais avec vue sur une nouvelle escalade à réaliser, plus facile celle là.  Leprojet de Robert tant de fois programmé et chaque fois annulé, enfin réalisé ! Voir ici aussi le CR du RCAE.

Mercredi 8: LG10 pour Alex Olivier et carotte
Sylvain et Caro refont un portage pour complément bouffe. Sissi fait l'exploit de ramener la bâche EPDM d
Repos et travaux piscine pour les autres sous soleil et vent

Jeudi 9: Cédric et moi, on se lève tôt, question de s’engager au plus vite à la pointe du BBS1. Mais il fait vraiment moche, démarrer sous ce crachin pénétrant, ce serait entrer trempés dans le trou, ce qu'il faut éviter tant l'ambiance est glaciale. On décide de se remettre au lit et postposer notre départ en début d'après midi. On fait bien, la pluie laisse la place au brouillard, on dine et quittons le camp à 13h, avec instructions de ne pas s'inquiéter avant demain à l'aube, vu qu'on compte faire dans pointe mais aussi remonter en déséquipant jusque -60.

Marche complètement équipés question de s'alléger et aller au plus vite. Chargés malgré tout d'un kit chacun car on emporte un peu de nouille, la foreuse and co, amarrages et de quoi faire un point chaud. En chemin, je ramasse encore un bout de corde que j'essaye d'utiliser pour améliorer une sortie de puits mais trop courte. Tant pis pour cette fois, elle servira espérons le à la pointe.

A noter que cet impressionnant P60 gelé mériterait d'être fractionné plusieurs fois pour s'écarter au mieux de la trajectoire de la pluie et d'éventuelle chute de pierres ou glace. Un boulot pas facile, la roche est par endroit délitée ou couvert de glace. C'est faisable, mais faut y passer du temps. L'ennui, c'est que l'équipement ne sera plus visible ou accessible l'an prochain si ça fond différemment. A essayer en tout cas l'an prochain en début d'explo. En réalité, il s'agit d'un P80 jusqu'en bas quand la neige à fondu (c'était le cas cette année au moins sur une bonne dizaine de mêtres, « caverna magica » était peut-être accessible cette fois,,,

Nous ralentissent aussi l'étroiture R3D3 avant stargate, les quelques départs de puits étroits, le méandre « tortillard » (terminus de l'an dernier) et la « promenade dominicale ». Trois bonnes heures de progression pour enfin atteindre le « soupirail ». Pendant que Ced déséquipe l'escalade artificielle que j'avais fait et qui lui avait permis de trouver un shunt via une fissure ouverte en lucarne, j'équipe cette dernière 5 m à l'aplomb du soupirail en question.

Petite pause bouffe et nous allons équiper le R5 qui se présente plus loin et permet de reprendre pied au fond du méandre. Plus large mais pas bien longtemps car ça se pince au point de devoir écarter les murs,,, Nous renonçons préférant nous acharner sur une fissure latérale donnant sur R oblique semblant shunter l'obstacle. C'est vite réglé et en bas, il nous semble entendre un petit grondement. Un coude de méandre nous demande encore de rentrer le ventre, le cul et la poitrine et derrière OUI, c'est vraiment le bruit d'un écoulement d'eau qui se fait entendre ! Excités à l'idée d'avoir enfin rejoint une circulation, qui sait le drain du secteur, le R5 suivant est rapidement équipé sur AN. A sa base, on devine nettement un passage de 1,8m de large sur 70cm de haut, derrière lequel on s'attend à voir la rivière. Mais p****n de b----l de m///e , le passage est complètement encombré par une trémie qui à chié d'on ne sait où juste à cet endroit. Et pas des petits cailloux, mais bien des blocs empilés, le tout très instable,,, Pourquoi ? On ne mérite pas ça ;-((( Après avoir fait sauter tant de verrous pour arriver ici.

Ce qui nous intrigue, c'est qu'un petit écoulement vient de la droite et s'enfile vers la gauche. Or, il nous semble que ce n'est pas à ça que correspond le bruit d'eau que l'on entend, qui nous semble vraiment couler dans l'autre sens et plus fort ! Mystère...

Prudent comme tout je m'insinue en longeant la paroir sur la droite, couché quasi dans l'eau... Elle sort d'un laminoir impénétrable pour partir entre les fameux blocs, sans visibilité sur une suite. Ced fait pareil coté gauche en aménageant pour un minimum de sécurité, mais c'est peine perdue. On passe encore une heure à titiller la trémie frontalement mais plus on bouge de cailloux, plus il en revient.

Je suis déçu, dégoûté, frigorifié et  fatigué. 22 heures, on décide de rebrousser chemin après encore avoir fouillé au dessus du R. Au soupirail, on profite de la petite plage pour reprendre des forces qu'on brulera tout au long de la remontée et ainsi émerger du trou vers 4 heures du matin, impatient de retrouver l'abri (encore une demi heure de remontée du lapiaz, heureusement cairné) pour un casse croute et notre couchage pour quelques heures de repos. Plus de mon âge ces conneries !

A écrire ces lignes et réfléchir sur la suite à donner là bas, je me suis rappeler que dans la descente du balcon atteint en artif et menant à la lucarne du Soupirail, Ced a vu au moins une autre fissure dans laquelle il voyait sur une dizaine de mètres. Quelle direction, je n'en sais rien mais il y a peut-être un espoir là bas, d'autant qu'il nous a semblé qu'il y avait beaucoup moins de courant d'air à la trémie que en amont du trou où il ne fait pas bon s'arrêter trop longtemps (aspirant aujourd'hui, l'inverse que par beau temps). Une bonne raison en tout cas pour au moins y retourner une fois, avec du sang frais et des outils, ne fusse qu'une petite barre à mine.

Vendredi : même pas l'occasion de dormir jusqu’à l'arrivée du soleil sur la tente (10h30), y'a un gros moulin à vent qui tourne sans arrêt dans le ciel : l'hélico de l'armée... Quel gaspi de carburant, sans même nous offrir le transport de notre matos qu'aujourd'hui Robert, Ced et moi allons devoir faire jusqu'au Plaa puisque nous quitterons le camp demain avec le reste de nos affaires persos.
Heureusement, le beau temps est de retour, un peu plus frais mais très bien pour notre A/R au Plaa, ce qui demande toujours 5 à 6 heures avec les pauses, le rangement, les coups de fils pour arranger les navettes jeep, etc. Nous serons ainsi de retour pour fêter la majorité de Solenn avec un petit apéro (qui cognait en ce qui me concerne !) suivi d'une chasse aux trésors et un beau coucher de soleil en prime. 

Samedi : départ Robert, Cedric et Jack via le Plaa où Jean-Mi sera au rdv pour redescendre en jeep.

Oli, Carotte, Alex déséquipent l'UL1,
Solenn et Cha vont faire joujou avec Topodroid à l'UL 9.
 Sissi et Caro vont se mesurer à la lucarne du LG10 une dernière fois, sans succès probant mais ça ne saura tarder en y mettant les moyens. 

Dimanche : très grosse journée de portage retour, via le col de Ger où l'abri est démonté et avec la mauvaise surprise de devoir stocker tout à la station intermédiaire, donc bien plus bas sur les pistes, car la jeep de Serge a des soucis de réducteur et ne pourra venir les chercher plus haut. Et pour corser le tout retour au camp sous l'orage.

Lundi : démontage du camp et évacuation vers Gourette via la vallée, variante sympathique, même si un peu compliqué dans le brouillard. Et à la clé pour le RCAE, toute la gastronomie offerte par Jean-Michel au Tremplin ! 

Mardi 14 aout : go back to Liège pour tous, sauf Caro la toulousaine, le but étant d'éviter le chassé-croisé du 15 aout sur les routes (à moins que ce soit d'arriver en République d'Outremeuse à temps ?!)

lundi 27 août 2018

Traversée TETE SAUVAGE-LA VERNA (PSM) 2018


21 Juillet 2018, déjà un an de passé !  Et nous revoici à nouveau sur la route des Pyrénées Atlantiques pour notre expédition estivale, presque routinière mais qui aura encore demandé quelques préparatifs et beaucoup de concertation, souvent en dernière minute, pour un bon déroulement du camp
Le séjour se déclinera cette fois en trois périodes et deux équipes.

La première a démarrer est composée de Christophe, Coline, Jack, Thomas, Bobo, Cédric + Françoise E. Pauline nous rejoindra après avoir déjà profité des PyrénéesOrientales où elle a fait le Pic Canigou et du canyoning organisé (voyez sa page FB).

Pour voir autre chose que notre petit coin de massif, pour permettre aussi à certains de réaliser un rêve, nous avons décidé de passer les premiers jours sur LA Pierre Saint Martin et d'y réaliser la traversée "Tête Sauvage-La Verna", étant entendu que nous avons obtenu préalablement le feu vert de l'ARSIP. C'est la plus "courte'", la "moins dificile" mais certes la plus représentative, bref une grande classique à faire (et même refaire) dans une vie de spéléo !


Nous nous retrouvons donc tous au camping  Ibarra de Sainte-Engrâce le dimanche 22/7/18 au matin, accueillis par les gérants Pierre et Maryse toujours aussi sympathiques. La météo a été les jours passés à la pluie et aux orages, si bien que la rivière est haute, or c'est bien l'eau de la Pierre qui y passe... Cependant, les prévisions pour demain sont au beau fixe, avec une dégradation annoncée pour mardi soir. On a une chance de passer.

Nous rencontrons les collègues du SC Toulon avec qui JCL avait échangé quelques mails pour demander de pouvoir profiter de l'équipement en fixe qu'ils comptaient justement mettre dans les puits demain. Il est convenu de leur laisser la matinée d'avance avant de démarrer, d'autant que eux aussi sont nombreux. Ils auront en retour un casier de bières spéciales belges !

Pour l'heure, vu le temps libre dont nous disposons aujourd'hui, nous vient l'idée d'aller faire un p'tit canyon.

Lundi 23/7, jour J pour la traversée.  Bonne chose que nous n'aurons pas à la faire en rappel de cordes comme envisagé un moment, car nous sommes déjà avec un bon petit kit chacun avec ce qu'il faut pour tenir au minimum une douzaine d'heures sous terre, voire plus car parmi nous tous n'ont plus la santé pour courir et passer en un temps record. Et tous ne sont pas des pratiquants super expérimentés pour ce genre de ballade, à priori sans difficulté sinon la longueur mais quand même exigeante. Dans ce contexte, Christophe estime qu'il est préférable de ne pas suivre avec sa fille cette fois mais bien de venir à notre rencontre en soirée en entrant par la Verna et en remontant tranquillement jusqu'au Lépineux. Ils viennent cependant avec nous jusqu'à l'entre de la Tête Sauvage pour profiter du paysage unique qu'offre la PSM .

Les cinq têtes sauvages du jour à l 'entrée du gouffre

Nous sommes donc 5 à entrer vers 13 h sous terre. Le SC Toulon nous a devancé en partant le matin et a équipé de main de maitre et les 350 m de puits défilent donc sans soucis, même si les mâts de perroquets du début dont un peu dans le chemin (ça doit quand même compliquer les rappels de cordes...).


Une bonne  paire d'heures plus tard, nous sommes au "Soupirail" où nous optons directement pour la tenue néoprène car il est bien plein. Autant garder les sous-vêtements secs pour les salles. Derrière, encore un petit puits (équipé en fixe) et nous prenons pied sur le socle où coule LA Rivière de la Pierre !

Mots clés : eau...soupir...aïe...
Nous retrouvons nos amis toulonnais un peu au-delà de la Salle Cosyns et leur laissons prendre de l'avance en faisant une petite pause. Au passage, pour aider au nettoyage prévu par l'ARSIP cet automne, nous embarquons et répartissons entre nous 10 à 12 kg de détritus rassemblés ici.

Et puis c'est le long crapahut comme décrit dans les livres (voir celui spécialement édité à ce sujet par l'ARSIP), tout à suivre cette rivière  mythique sur des kilomètres, avec des décors variés, sans cesse renouvelés. Quelques shunts pour éviter passages bas et siphons sur le parcours nous donnent un peu de fil à retordre, le balisage étant correcte mais pas unique.

Les heures passent, l'eau n'est pas trop haute (quoique pour Pauline... ;-) mais froide oui, et le courant d'air bien présent. Nous finissons ainsi par atteindre l'endroit clé de la traversée, le fameux "Tunnel du Vent". Sur les talons des français, c'est en bande que nous franchissons l'obstacle, bien moins lugubre que ce que j'en avais gardé comme souvenir, du temps où nous passions en pontonnière, à la carbure.

Derrière ça, la morphologie change du tout au tout puisqu'on aborde les grandes salles. La pause pour changer de tenue est reportée car on veut tous d'abord se réchauffer un peu. Ce sera vite le cas puisqu'on a beau être à la descente, c'est fou la dénivellé positive qu'il faut se farcir pour traverser les salles ! Ce qui est à accumuler aux 820 m de différence d'altitude existant déjà entre l'entrée et la sortie...
Une fois les néo's enlevées (et donc les sacs plus lourds...), nous prenons le temps de se faire chacun un repas chaud.


Longue et compliquée mais heureusement balisée, la fameuse salle de la Navarre et dépassée sans soucis. Nous débouchons alors dans la Salle Lépineux où viennent justement d'arriver Christophe et Coline.
Leur présence nous fait du bien ! Ils nous soulagent de quelques kilos et vont aussi nous aiguiller sur le chemin de la sortie qu'ils viennent de faire dans l'autre sens, au rythme de ceux qui accumulent le plus la fatigue et/ou les petites douleurs.
On finira ainsi par déboucher tous ensemble dans la phénoménale salle de la Verna, malheureusement sans pouvoir profiter de l'éclairage de l'animation touristique puisqu'il est 3 heures du mat bien fait.


Le tunnel EDF parcouru, y'a plus qu'à ouvrir la porte (et se battre avec le courant d'air pour la refermer) pour s'avachir sur le parking de la cabane Prebende en attendant le deux chauffeurs partis chercher les véhicules qui nous ramèneront enfin au camping, au matelas et sacs de couchage, à n eau chaude, àses toilettes et à ses poubelles ! :-).
Toujours ça en moins qui trainera sous terre !