dimanche 19 janvier 2020

Osez Ozer Joséphine !




L'hiver venu, alors que les chauves-souris se réfugient sous terre pour hiberner, les bénévoles de PLECOTUS eux se réveillent ! Comme chaque année, nous spéléos n'y coupons pas, ils nous contactent alors pour les aider à effectuer leurs recensements dans les cavités dont nous disposons de l'accès ou pour les assister techniquement à visiter une ou l'autre grotte.

Le trou Ozer situé à Chôdes sur la commune de Malmedy était un de leur objectif car n'avait jamais fait l'objet d'un comptage des CS qui auraient choisi ce gouffre comme refuge. 
Formée dans le poudingue, faites de puits, de hautes diaclases, d'étroitures, cette cavité est d'abord étonnante mais aussi sportive.


C'est ainsi que Pierrette avait contacté l'UBS pour obtenir de l'aide à l'équipement et la guider elle et Jonathan. Connaissant notre attachement au Trou Ozer, Loran est naturellement venu à nous, C7 pour les accompagné. Il faut savoir qu'historiquement, des membres du club, anciennement du CLAP et Casa je pense, y ont usé leurs fonds de salopettes, en ouvrant le réseau "89" et ensuite le "91", approfondissant le trou mais surtout en découvrant un fond aux dimensions étonnantes. Et du coup, à l'époque de la FNSA, les spéléos aqualiens avaient dans le cadre du projet spéléo "Adopt a cave" pris le trou en charge.


Restait quand même à obtenir l'autorisation de visite du DNF car si l'orifice d'accès fut repris sous gestion de la commission PROTAC de l'UBS, nous n'avions plus grand chose à dire depuis que l'orifice et le périmètre de la grotte (800m2...) furent classés Réserve Nationale Belge.

Quelques courriers échangés et nous avions finalement Bobo et moi le blanc seing de l'Administration pour accompagner ce 3 janvier 2020 les deux spécialistes de Natagora.
Nous avions au préalable vérifié que le cadenas pourrait être ouvert. C'était le cas, et pour cause, il avait disparu... C'était à craindre, vu le manque de suivi ces dernières années. Avec de surcroit un surcreusement sous la porte mais là au final, ça a aura aidé les chauves-souris à pénétrer dans le trou. Mais faudrait pas que le ravinement ne fasse plus de dégâts.




Amarrage de tête à l'arbre, fractio sur une des broches dans l'encadrement de la porte et je commence la descente, la C65 défilant du kit. A peine à -5, déjà une bestiole ! Sangle installé à -6 sur le piquet toujours en place, j'équipe la MC d'accès au puits des Blancs Moussis. Et ici encore une autre boule de poils ! Jonathan qui me suit en verra encore d'autres tout au long de sa descente de cette première verticale, Pierrette aussi. Je poursuis ainsi l'équipement jusqu'au fond de l'ancien réseau où sont encore dissimulées des spécimens. Et vu la hauteur de la diaclase, forte chance que certaines échappent à la vue de nos deux traqueurs. Nous poursuivons tous les quatre via un passage bas qui nous mène dans la belle galerie du "Métro". Et là, dans le passage, un grand murin accroché au plafond.

La suite se corse puisque pour aller au fond, il faut s'engager dans une diaclase étroite, ponctuée d'un sérieux rétrécissement et donnant accès au ressaut des vérins. J'avais le souvenir qu'il était sélectif et de fait, même notre ami Bobo a bien du mal à le passer, ce qui le défranchira pour la suite encore plus tordue alors qu'il est pourtant celui qui fit la première. Faut dire que pour atteindre le sommet du Puits Gyser (30m) qui suit, le parcours vertical est vicieux au possible. Je serais d'ailleurs curieux de savoir combien l'ont franchi ?
Jonathan est le seul à suivre, passant un peu en force. Les broches placées à l'époque en compagnie de Patrice me permettent d'équiper et fractionner cette grande longueur et prendre pieds au pied de cette grande diaclase, aux parois de poudingue d'anthologie ! Tandis que je fais quelques photos, Jonathan ratisse les moindres recoins accessibles et dénombre encore quelques mammifères, dont quelques grands murins qu'on ne pouvait rater (même moi !)

Plus que largement satisfaits par cette moisson d'observations, restait plus qu'à s'extraire d'ici, deux kits de cordes bien remplis et sortir sous un immonde crachin typique de l'endroit !

Résultats : 25 chiroptères observés, je vous laisse déchiffrer ! • 1 chiro sp • 1 Myotis naterreri • 2 Plecotus auritus • 12 Myotis mystacinus/brandtii • 2 Myotis emarginatus • 7 Myotis myotis

Voilà donc qui justifie une protection accrue de la cavité, en tout cas en hiver. 



Mais que les choses soient claires : le TROU OZER est  toujours, de part son statut RNB, INTERDIT d'accès 

La commission ProtAc de l'UBS est depuis en relation avec le chef de cantonnement pour envisager une nouvelle collaboration entre l'Administration et la Fédération. C'est en bonne voie. Patience donc et montrons nous respectueux des règles en vigueur !





Textes et photos JCL

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Jack