dimanche 15 août 2021

Nettoyage de la grotte et du porche de Bellevaux-Nasproué


Le 14 juillet 2021, la vallée de la Vesdre a subit des inondations sans précédents. Un véritable raz-de-marée a déferler, ravageant tout sur son passage et laissant tout au long des berges et les rivages des tonnes de détritus et déchets en tout genres. Outre la catastrophe abominable que ça représente pour les milliers de riverains impactés très durement et pour toute la vie sociale de toutes les communes touchées, cette pollution est un véritable désastre environnementale, tant les déchets sont partout. J'ai vécu ça de près sur l'Ourthe et l'Amblève en même temps, mais ici sur la Vesdre, en comparaison, c'est réellement cataclysmique !



Il se fait que notre fédération, l'Union Belge de Spéléo, a récemment fait l'acquisition d'un superbe coin de nature niché justement en rive droite de la Vesdre, le porche et la falaise de Nasproué avec la grotte de Bellevaux. C'est une perte de la Vesdre et tête d'un réseau souterrain (recoupement de méandre) qui forme une percée hydrogéologique et qui présente un fort intérêt spéléologique. Et donc, comme sur des dizaines de km de rivière, le site a été complètement inondé et toute la cavité remplie d'eau... mais pas que ! La grosse digue n'ayant pu contenir l'incroyable débit de la rivière, la perte a refonctionné jusqu'à  et toutes sortes de crasses s'y sont engouffré jusqu'à ce qu'elle sature. Une intervention musclée s'imposait pour extraire tout ça des lieux.

Coordonnée notamment par Patrice Dumoulin, une opération de nettoyage était donc programmée ce 14 aout 2021, un mois après les évènements catastrophiques. L'objectif : ramasser un maximum et ramener ça en bord de route pour être pris en charge par la Commune de Dison.

Regrouper du monde un week end de 15 aout n'était pas gagné d'avance mais au final, avec 3 membres du SpéléLux en renfort, 4 filles du RCAE (Cha, Débo, Carotte, Naïma + Alex ;-), 5 mâles de C7 (Antho, Tom, Bobo, Jack, Lio), 2 vétérans increvables du GRSC (PDU et Pol) et un volontaire ayant vu l'appel sur les réseaux sociaux (Antoine), c'est à 16 que nous avons œuvré. 


A noter que le SC Cascade avait déjà la semaine précédente commencé à ramener du fond de la grotte une dizaine de sacs remplis de ces -désormais tristement célèbres- barquettes en plastique de la beurrerie Corman + de gros objets (sommiers, matelas, containers) coincés au fond de la salle d'entrée.

Par équipe, on s'est donc attelé à nettoyer les moindres recoins du porches, notamment dans les fissures du plafond et, plus laborieux, tout ce qui encombrait encore les conduits de la grotte, grands ou petits.

A l'extérieur, les quelques dizaines de mètres de berges jouxtant notre terrain nous ont donné aussi du fil à retordre, tant les arbustes et le terrain plein étaient encombrés de saletés. Quelques coupes à la tronçonneuse furent nécessaires pour venir à bout de ce fouillis. Disséminés un peu partout, les buches débitées peu avant la crue- du moins celles qui ne se sont pas fait emportées- ont été rassemblées avec celles déjà extraites du fond du porche par les collègues flamands où elles s'étaient accumulées. Une belle réserve pour les BBQ et futurs feu de camp.


Vers 16h, venu à bout de cette besogne ingrate, c'est une montagne de sacs et déchets en tout genre qui devaiten maintenant être remonté sur le plateau, c'est dire 50m plus haut en dénivellé et un parcours d'une bonne centaine de mètres au moins. Pour y aller au plus direct, nous avons opté pour passer par le talus à droite du porche. Quelques marches taillées et une MC installée tout du long, nous avons formé une chaine humaine.

Et la valse des sacs etc commença. Quatre dépots précaires intermédiaires furent nécessaires dans la pente avant d'atteindre la route, la remorque et une camionnette, qui ont à leur tour fait quatre navettes pour aller déposer ça à l'endroit convenu avec la Commune. 

Une manœuvre finalement rondement menée qui ne pouvait se terminer sans profiter du site tout propre. On s'y est ainsi tous retrouvés pour un apéro bien mérité et un BBQ arrosé juste comme il le fallait dans une super bonne ambiance.

En conclusion, pour reprendre le célèbre adage populaire dans le monde spéléo , on dira une fois de plus que "le maillon n'est rien, seule la chaîne compte !"

Galerie photos complète de la journée (merci à Patrice de m'avoir prêté pour son apn)

JCL










jeudi 22 avril 2021

A défaut de Secheval, Grandchamps

Aywaille, samedi 174 avril 2021. Comme c'est devenu une habitude, nous nous sommes dispersés sur différents sites pour s'en tenir aux restrictions et ainsi éviter d'être en surnombre.

Le premier binome, qui finira à trois (Robs, Ced et Tom) se rende sur le chantier Dainef pour fignoler le rail de sortie du "téléphérique" et règler quelques détails pour le rendre encore plus efficace. Si même ce chantier ne devait pas aboutir, on pourra toujours se vanter d'avoir réaliser une vraie œuvre d'art contemporaine. A suivre maintenant avec la mise en pratique et donc des bras pour remplir et tirer les bacs. Combien, ça personne ne le sait....

Le deuxième binôme, Pauline et Jack, est lui sur l'autre gros système de la région, le Vallon des Chantoires. Ca fait une bonne semaine que la météo est sèche, alors on repense naturellement à Secheval où nous avions pu la semaine avant rejoindre le fond et l'aménager pour une reprise en bonne et dûe forme. Mais seulement, le ruisseau coule toujours et la cascade d'entrée aussi, ce qui n'augure rien de bon. Pour la forme, on dégage la grille et passons le premier ressaut pour constater que l'eau (une petite dizaine de litres/secondes) emprunte les deux voies, et donc qu'il est inutile d'aller plus loin, le siphon du ballon sera d'office en charge. Et avant qu'il ne s'assèche à nouveau, il faudra certainement patienter  quelques semaines :-(

 Un peu court comme sortie, alors me vient l'idée de pousser vers Grandchamps  et aller jeter un œil sur l'actif, des fois que l'hiver aurait apporter quelques changements mais avant tout visiter si possible le réseau Nord fossile. J'ai dû le faire dans le temps avec le CRSL dont c'était le cheval de bataille, mais je n'en ai plus aucun souvenir. Yves D. m'avait dit que l'accès direct dès l'entrée devrait être réouvert car obstrué. Raison supplémentaire pour y passer l'après midi.

Une fois sur place, nous constatons que quelqu'un (probablement Marc D. du CRSL ?) aura fait le minimum pour que ça passe. Mais tant qu'à faire, on améliore le travail en sortant en "boquets" une dalle coincée de là. L'occasion aussi d'une petite initiation à la ""chose" pour Pauline car il faut penser à la relève !

Derrière ça, il y a un P4 à équiper sur une seule broche, pas super bien mise d'ailleurs, qui mériterait d'être doublée avec une petite MC tant qu'à faire car le ton est donné direct, il y a eu du passage et tous les obstacles du réseau sont bien patinés, notamment le pas qui suit, dit "l'oppo", mais aussi le R au delà. S'il fallait aller y travailler régulièrement avec du matos, de l'aménagement s'imposerait. D'autant que la boue rend d'autres difficultés à franchir craignos. J'en ferai d'ailleurs les frais au retour. Au bout du réseau, à la descente d'un ressaut bien glaiseux qui mériterait une nouille, j'ai glissé lourdement... Les côtes en ont fait les frais (froissées pour finir...), du coup je n'en menais pas large pour repasser la "boite aux lettres" qui, tordue comme elle est, à dû en arrêter plus d'un ! Comme me le faisait remarquer Pauline, ça passe "limite"....

 

Avec tout ça, on n'aura pas pris le temps de jeter un œil dans la galerie qui part au SW et qui se termine par un bouchon d'argile. Mais il semble y avoir un P6 et un P9 à franchir et rééquiper probablement ? Ce sera pour une autre fois..

Malgré cette mésaventure douloureuse, sur notre lancée, nous repassons directement  dans l'actif via le second accès au réseau fossile, à savoir une autre longue étroiture horizontale. Le ruisseau coule bien ici aussi mais moins qu'à Secheval. Avec seulement qq litres/sec, il ne va pas jusqu'àu "S" mais continue tout droit à -17 sur la topo. On voit sur quelques mètres puis ça semble devenir impénétrable. Quand à l'accès au réseau Felix Arcaute, il est toujours bien bouché, c'eut été trop beau. 

Le plan "B" en cours d'élaboration avec un collectif de gratteurs locaux a plus que jamais tout son sens. A cette occasion, une petite séance d'élagage dans la doline me semble indispensable avant que troncs et branches ne viennent obstruer l'entrée et finir par entrer sous terre. Le site, joyau de la région, sera d'autant plus beau.

CR JCL