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jeudi 4 novembre 2021

Balisage Wuinant via la Haminte

Ce dimanche 31 octobre 2021, point de mini trip à l'étranger comme pour beaucoup en cette période de Toussaint. Mais une superbe cavité au programme malgré tout : le trou Wuinant, via la Haminte. Une activité on ne peu plus locale (communes de Trooz/Olne) consacré à un réseau qui n'a rien à envier aux grandes classiques de nos voisins français par exemple.

Pour rappel, jadis défendu par des siphons, le collecteur de la Magne Souterraine est désormais accessible au non-plongeurs. D'un côté par de sévères voutes mouillantes temporaires, de l'autre via l'ouverture d'une nouvelle cavité ouverte tout en amont du système, le trou de la Haminte.


Cette sale histoire de pandémie, ensuite les inondations, puis les camps d'été nous avaient forcés à mettre les explos de côté pendant quelques mois. Il y avait bien eu cette incursion juste après la méga-crue pour se rendre compte que la grotte n'avait pas souffert de la montée des eaux, mais point de travaux à proprement parler.

Or, l'idée était de terminer en priorité le balisage avant de donner l'occasion aux amateurs de visiter le réseau, suivant des modalités qui seront annoncées en temps voulu. De nombreuses et longues séances avaient déjà été consacrées à ça, avec des centaines de mètres de fils déroulés (km même), des dizaines (centaine) de fixations placés. Le but, canaliser évidemment les passages sur un seul parcours pour protéger non seulement certaines formations de calcite mais aussi les berges aux multiples remplissages et décors à ne pas fouler inutilement.

Mais avec l'apparition des problème d'électrolyse et de rouille non prévus au niveau de nombreux piquets, une nouvelle intervention s'imposait pour les remplacer par de la fibre de verre, question que ça dure des dizaines d'années ! Deux sorties avaient déjà été consacrées à ça par le SC Avalon. Restait un long tronçon à faire, et cette fois à plusieurs pour avancer car ça prend du temps.

Avec Paul, Annette, Xtof et moi, nous formions donc aujourd'hui une bonne équipe pour mener ça au mieux,

Bobo nous accompagne pour aller chipoter un peu à la fixation du cadenas de la porte. Nous entrons vers 11h.
Je ne décrirai pas la progression dans la Haminte, je risquerais d'en décourager plus d'un, d'autant que c'est surement dû à mon âge si je trouve ça, disons, sportif ;-)

Une fois la jonction passée, nous décidons d'aller jusqu'au siphon 2, ne fusse que pour montrer à notre ami polonais anversois Xtof un maximum de la grotte, encore plus belle je trouve, la crue ayant balayé pas mal de boue dans les vasques et sur les berges. Les nombreux galets noirs typiques sont encore plus reluisants.


En chemin, on perd un peu de temps à récupérer les piquets qui n'avaient pas été stockés assez haut... faut dire que l'eau est montée à des niveaux exceptionnels, alors que les dimensions de la galerie sont pourtant importantes ! On aurait été curieux de pouvoir vivre ça en direct !

Au siphon, la corde guide est visible mais n'étant pas en néoprène, nous ne chercherons pas à savoir si ça passe toujours. La crainte est que la boue ait bouché en partie le verrou et que l'apnée ne soit plus faisable. A vérifier une autre fois, ce serait dommage de perdre cette possibilité d'aller derrière où se situe le réseau du Flair mais aussi si c'était le cas de ne plus pourvoir faire la traversée via le puits du Trou Wuinant; pour autant que le S1 lui aussi passe encore. A vérifier dès que possible !

En attendant, nous avons donc déployer pinces, foreuse, nouvelles fixations inox, chevilles et piquets en fibre de verres pour minutieusement fignoler le balisage. On y passera pas loin de 5 heures à ce boulot ingrat mais oh combien nécessaire. Avec cependant la grande satisfaction d'avoir réussi, en mordant sur notre chique, d'en être venu à bout, ce à quoi on ne s'attendait pas en une seule fois.




Le matos repliés, il ne restait plus qu'à sortir les deux kits par la Haminte.. Une grosse demi-heure de reptations et contorsions plus tard, nous étions dehors à la nuit tombée. TPST 7h.

Prochaines fois, vérifier l'état des siphons si les conditions le permettent, puis faire les escalades, compléter la topo, effectuer une ou l'autre désob, faire un petit traçage interne et enfin consacrer quelques séances à la photo.

Des photos, Xtof (au smartphone) et moi (baroudeur), nous en avons fait à la volée pendant la progression.
Je les ai regroupée sous un Album en GGphoto. Pas exceptionnelles, mais elles rendent bien l'ambiance et illustrent le travail accompli. Je le partagerai volontiers avec qui me demandera de pouvoir la visionner ;-)


Dans le "va et vient", au niveau de la jonction

dimanche 2 février 2020

Magne t-on, creuse t-on ?!

-"moi, je n'ai pas très faim !"

Entrée inférieure du boyau des "roussettes"
L'actualité spéléo "liégeoise" fait que, depuis septembre 2019, le trou Wuinant post siphons est accessible en passant les ex longs verrous noyés seulement via quelques apnées. Plusieurs membres de Continent 7 ont alors eu l'occasion de se joindre aux différents clubs qui sont sur le coup; le GRSC et le SC Cascade déjà très actifs sur le secteur mais aussi le SC Avalon venu en renfort.

Ceci nous a amené à nous intéresser à ce beau vallon sauvage qu'offre la Magne et que plusieurs d'entre nous ont fréquenté plus ou moins assidûment dans leur jeunesse et même plus tard.

Après être descendus plusieurs fois au Wuinant pour aider nos collègues à grimper, baliser, topoter, photographier, plonger, bref réexplorer l'incroyable collecteur, faire le tour des phénomènes de surface s'imposait pour mieux cerner le système.

Le trou "horizontal", un des nombreux chantiers GRSC, tout en amont du recoupement de méandre
C'est ce que j'ai fait en partie par le plateau en sortant du Wuinant le 11-01-2020 en compagnie de Frits avec qui j'avais parcouru bois, prairies, ravins et berges amont de la Magne. Impressionnant de se rendre compte à l'air libre tout le chemin qu'on parcours sous terre ! 


Avec la perspective qu'offre la nouvelle topographie en cours, exécutée par l'expert Paul De Bie, et un bout de première réalisé derrière un S3 abaissé la semaine précédente, il nous fallait absolument aller revoir deux petites cavités situées dans l'axe, dans un coude prononcé de la rivière, une centaine de mètres séparant ces deux points.

Avec Bobo Theck (on ne pouvait espérer meilleur guide car il connait l'endroit par cœur), Cédric et moi y avons passer l'après midi du vendredi 31/01/2020.

Nous avons ainsi revu en rive gauche au niveau convoité, outre quelques petits phénomènes bouchés, le "boyau des roussettes" (Akwa 427-190). Avec une entrée inférieure au pied d'une sympathique petite falaise et une ouverture dans le talus quelques 10 m en contrehaut et ventilées. De prime abord, le petit conduit de droite en bas me semble être l'ancienne perte et Cédric qui a bravé l'odeur de blaireau pour voir le terminus, pense que ça pourrait être travaillé, après avoir rendu l'entrée un peu plus sympathique.

P7 d'entrée du "Matin Calme", au final pas trop instable
En remontant ensuite le talus, nous tombons un peu en aval sur une doline, ex-perte de la Magne. C'est le trou du "matin calme" (drôle de nom...), ouvert par Abyss et le GRSC, conjointement ou pas mais les deux y ont travaillé et pas un peu ! Pour finalement le délaisser... 
On y place une C10 et Cédric pointe le fond. Pas mal dira t il, faudrait les encourager à reprendre ce chantier.

Retour via le gué de St Hadelin pour donner un coup de main très ponctuel mais efficace et apprécié, à Patrice D. et Francis P. (GRSC) à l’œuvre dans le Trou de la Haminte (une autre histoire)


Le lendemain, samedi 01/02/2020, c'est à 7 que nous nous retrouvons sur le parking habituel, impatients de retourner en amont du Wuinant pour voir où nous mènera l'affluent derrière la voute mouillante (plutôt souillante !!) du S3. Mais la météo n'est pas avec nous, il tombe des cordes en trombe !  Un pow-pow de circonstance s'impose. Bien que nous ayons connu cet hiver plusieurs épisodes très pluvieux, nous avons toujours pu franchir les voutes basses. Mais nous avons aussi constaté qu'entre deux visites, l'eau avait recoulé dans les zones siphonnantes. Qui sait si elles avaient été remises en charge momentanément ?

Paul consulte Aqualim et nous voyons le débit de la Magne passer en une demi heure de temps de 1m3 à 2m3... Prudents et raisonnables, et tout aussi inquiets pour notre réputation (4 d'entre-nous sont membres de spéléo secours ;-) que par l'idée de se faire bloquer, nous décidons d'être sages !

Surveillance de la Magne via Aqualim

Du coup, nous formons deux équipes. Paul, Erik et Frits feront la topo des puits d'entrée et par la même occasion verrons en direct -après que Frits ait fait malgré tout une "petite" reconnaissance en amont- la rivière se remettre à couler et à une vitesse v-v' et alors réamorcer le S1. Bien nous a prit de ne pas tenter le diable !

La crue arrive à l'aval du S1 ! (photo Paul De Bie)

PDu, Cédric, Bobo et moi optons pour retourner en bordure de la Magne, pour sonder les deux chantiers observés la veille. Le gué de Saint Hadelin impraticable, nous faisons un grand tour pour atteindre la doline du "matin calme" perdu dans un chablis, qui me fait dire que ça n'a pas toujours été le cas... Ced et moi descendons le puits et pendant 3 bonnes heures, nous remplissons et tirons une centaine de seaux, non sans avoir mis à l'abri une famille de tritons et une grenouille.


Tritons (bien qu'ils soient quatre...)
Alors que nos prédécesseurs avaient tenté la suite vers le N, j'ai opté pour tenté vers le Sud, vers le Wuinant. Au début, rien de vraiment évident mais au fur et à mesure, un conduit de 40 à 50 cm de large est apparu. Un mètre cube de sédiments et secs ont été extrait sans difficulté; "Y'a plus ka "poursuivre en gardant le même gabarit pour travailler à l'aise ! En espérant que ça ne fera pas 10 m de long...




Pendant ce temps, Patrice et Bobo sont allés tenter leur chance dans le boyau des roussettes, pouvant observer au passage la Magne en furie ! Et pour cause, vers 12h, elle a atteint un pic de 7m3 !

Au plus fort de la crue, ici au niveau des Roussettes, l'eau passait sur le bloc en avant plan...
Percevant un courant d'air soufflant aux deux entrées, il se sont acharné dans une fissure espérant entrer dans le massif. Mais au bout du compte, ils ne feront qu'un malheureux bouclage avec du connu :-( 
Restera à revoir le conduit qui "blaire". Chantier probablement un peu difficile mais pour moi une option intéressante pour rejoindre le Wuinant. 

Croquis exhumé des archives de Robert Theck, daté de l'été 1993 et représentant le boyau des Roussettes.
La décrue en cours (lentement),  nous rentrons par le gué qu'on traverse avec l'eau jusqu'aux genoux (pour certains ;-) et en observant que le chantoir principal a absorbé une grosse quantité d'eau, forcément. La Haminte a elle été épargnée.


Cela étant, notre idée n'est pas de nous acharner sur les chantiers décrits, nous délaissons déjà trop ceux que nous avons de notre côté en cours et en projet. Espérons seulement que ça donnera envie à ceux qui bossent là avec tant de persévérance de les reprendre et poursuivre avec succès Sans toutefois refuser de continuer à venir en renfort ponctuellement.


Le gué de St Hadelin en haute eaux

Pour ce qui se passe au Wuinant, cela fait déjà l'objet de différents compte-rendus sommaires sur les blogs et pages Facebook, dont la nôtre.  Quelques photos et vidéos circulent aussi.

Un résumé de notre participation reste à rédiger.

Teste et photos
Jack (JC London)



mardi 12 avril 2011

"Non-portage" pour plongeurs



Une plongée au trou Wuinant (Forêt-Trooz)  avait été programmée à notre agenda pour ce samedi 09/04/2011.


Le plan d'eau étant à -45, au bas de puits et surtout d'une étroiture verticale relativement sévère, un tel projet demande d'abord quelques sherpas de jouer les jouer les araignées avec le matos.
Il demande aussi au minimum un homme grenouille ! Et même idéalement deux, car l'objectif  avoué est d'aller revoir ce très long réseau post siphon (+ de 1250m)  jadis exploré par Feu François-Xavier Beaurir.
Et encore faut-il qu'ils soient au mieux de leur forme. Or, bien qu'à l'initiative de ce projet d'exploration qui lui tient à coeur, Nico ne le sentait pas cette fois-ci. Et ça, c'est l'argument que personne n'oserait discuter !

Un des deux abris préhistoriques au pied du massif, grillagé par la RW

Peu importe, on s'en tiendra à un "non-portage"  :-), ce qui fera surtout une excellente reconnaissance, question de lui permettre de visiter la partie classique qu'il ne connait pas. Ce qui arrange aussi très bien Raf, candidat pour le suivre derrière les S1 et S2 lorsque l'occasion se présentera.


Finalement assez nombreux, il nous faudra 3 bonnes heures pour équiper, s'attarder au niveau de la rivière (inerte en cette période d'étiage prononcé, au point d'avoir à distinguer l'amont de l'aval....) et se hisser à la surface sans se coincer dans les rétrécissements verticaux qui font la réputation du Wuinant.


De quoi bien se rendre compte que remonter 4 bouteilles et tout le bataclan de plongée demandera la mise en place de palans-poulies. A prévoir donc : C60 et une douzaine de moustifs pour l'équipement en fixe + C30 et C20 + poulies bloqueurs pour hisser le matériel plus facilement.


Sortie en fin d'après midi avec un soleil radieux et une douce chaleur printanière.


Et pour couronner le tout, petit barbecue sympa dans les bois, sur un sol tapissé d'ail des ours qui a fini dans nos assiettes :-)


6 participants, dont des revenants !
Yves D., Michaël L., Nico, Jack (C7), Olivier S. (RCAE), Raf V.S.+  Jacques et Françoise