mercredi 30 décembre 2009

Dernière première de l'année !


Question de bien terminer l'année, Bando et moi nous sommes fait un petit plaisir (!) en allant équiper un puits en première. à Béron Ry. S'il n'avait jamais été descendu, c'est pour la simple et bonne raison qu'on sait qu'il ne pouvait aboutir qu'au siphon de la Salamandre déjà accessible via les ressauts situés juste à la sortie de la T'Rémy. Pas de suspens donc, juste une formalité pour s'assurer qu'il n'y aurait pas une lucarne ou une amorce de départ de galerie cachées.

Le temps de saluer Mr Balthasart et son fils à la ferme et nous nous engageons dans le chantoir (fort actif aujourd'hui), avec foreuse, quuinquaille et cordes que nous brinqueballons jusqu'au delà du laminoir des "forçats nés". C'est là, à la sortie de ce passage clé qu'on accède par une étroiture sur le palier boueux (trace s de mises en charges...) surplombant l'objectif du jour. Il nous faudra planter 5 goujons pour équiper le départ en entonnoir (2 au départ + 1fractio+ 2 à l'aplomb du plein pot).


Plan de la zone (sans la jonction)

Au total, une quinzaine de mètres de verticale de bonnes dimensions et esthétique permet de prendre pied sur la plateforme séparant les deux fonds (d'un côté le siphon, de l'autre le ruisseau actif) défendus chacun par une étroiture oblique terreuse. Un petit coup d'œil sur la vasque siphonnante et toujours "vierge" s'impose puisqu'il est question d'y revenir incessamment sous peu avec plomb et bouteilles  (on se réjouit ...) pour lever une des dernières inconnues du trou.

Remontée en déséquipant et en inspectant les parois mais rien de transcendant à signaler malheureusement. Remarquez que si les Forçats Nés n'avait pas été ouvert, la suite du réseau aurait pu être découverte par ici, en remontant en artif.

Avant de quitter les lieux, j'improvise une escalade (4.5m ,3spits) dans le plafond de la salle pour que dalle si ce n'est encore trouver plus de boue. Déjà bien contents de notre petite première, nous remballons pour ressortir, non sans avoir cependant planté deux nouveaux spits en tête de puits côté trémie cette fois, question de passer par là en toute sécurité lors de la future plongée.

Sortie après 5 bonnes heures passées sous terre. Nettoyage dans le ruisseau sous un temps de m***** (dégel et pluie) et c'en est fini pour nous en 2009.
Vivement 2010 avec déjà au programme une attaque en règle des derniers points d'interrogations du trou.

Là dessus, bon réveillon à toutes et tous !

Jack

lundi 28 décembre 2009

Causerie Rivire




Nous connaissons tous la grotte Fontaine de Rivîre, cavité remarquable protégée par un statut bien particulier. Le Centre de Prospection Liégeois étant éteint depuis quelques années, découvreurs, conservateurs et gestionnaires font maintenant partie de notre club; ce qui explique que nous soyons souvent sollicités pour encadrer les visites autorisées occasionnellement. 
A ce niveau, pas de soucis. Pour l'avoir parcouru à maintes reprises, pour y avoir aussi rééquipé en fixe pas délicats et M-C, nous connaissons bien le site et sommes à même d'emmener de petits groupes dans le respect d'un règlement tacite.
Par contre, que savons-nous de l'historique des explorations ? Que connaissons-nous du contexte géologique, des observations scientifiques réalisées ? Il convenait de combler ces lacunes. D'où l'idée de Jack de rassembler ce samedi 12 décembre 2009 Jean Godissart, Camille Ek, et Philippe Meus pour mettre en commun un maximum de connaissances sur la Fontaine de Rivîre.





C'est notre ami Camille qui ouvrira le feu par un rappel magistral sur le Givetien des cartes géologiques et des notions de stratigraphie. Et ce en préambule à la présentation de Jean, ciblée sur le dévonien de Hamoir-Lassus, sur ses observations.dans la grotte et aux alentours, sans omettre de nous relater la découverte. proprement dite en cie de Victor Courtois qui nous a fait l'honneur d'être parmi nous.



(6 pages, 3.36 Mo)





Vint ensuite le tour de Philippe qui, graphiques et tableaux de données à l'appui, nous à expliqué en quoi consistait la surveillance via la sonde électronique mise en place au lac. Un petit mot aussi de sa campagne de traçages sur la circulation parallèle, de ses relevés d'altitude aux différents points clés du système et déjà il nous fallait en rester là pour aujourd'hui, conscients pourtant qu'il restait encore beaucoup à dire, à entendre, à voir, età partager pour pourvoir prétendre bien connaître la Fontaine de Rivîre.


Une après midi très intéressante donc, à reconduire pour aborder les sujets délaissés au profit d'une lasagne maison à la coupe stratigraphique exceptionnelle, comme seule Françoise Minne est capable de réaliser ! Et je vous passe le potage au potimarron, la bûche glacée et l'excellente cuvée Avalon, avec en prime l'agréable compagnie de nos orateurs et leur épouse respective (Arlette et Denise).


Participants : Bando, Pils, le Buldog, le Ptitheck, Pauline, Messire Schmitt, Jacquouille, Jack, Paquita, Vig (Abyss, ProtAc), Laurence (RCAE, UBS).





Pour terminer, il convient d'excuser les absents malheureux à cette causerie mémorable : Robert de Terre et Nicotouille, tout deux engagés par le S.C.B. pour une descente au fond de la Grotte de l'Isbelle, leur but étant de voir le terminus du S2 et donner un coup de main aux explos futures. 





samedi 26 décembre 2009

BRRR...miterie...






Le chantier "H" a de nouveau reçu ce samedi 19 décembre 09 la visite de nos valeureux Mam'dyens PasC7cal et Greg qui toute la journée ont affronté les rigueurs de l'hiver Aqualien, voyez plutôt :



BRRRRRRRRRRRRrrrrrrrrrrrrrrrrrr ! Que dire de plus par -15° en arrivant au chantoir, emmitouflés et chargés comme des baudets, mais motivés à "donnnfffffff" pour découvrir les symptômes hivernaux de notre chantier ? Que dire à l'arrivée sur place? 

- "Super! T'as vu Greg ? Il fume à fond notre trou ! Je pense qu'on peut y croire."


Notre bardas déposé, une petite visite aux phénomènes avoisinants s'impose pour constater ici aussi la sortie de vapeur près du trou que je croyais être un simple terrier de renard. Par contre, l'ancien chantoir amont ne souffle pas et est couvert de neige.




Après l'allumage d'un petit feu indispensable à notre survie ;-), nous avons repris la désobstruction au fond du trou pour là aussi constater un courant d'air prononcé et espérer une suite qui commence vraiment à se faire désirer.


Quelques tirs plus tard, nos renforts, le P'ti Robert et Jack, arrivent. Leur présence nous permet d'évacuer les déblais des 2 séances précédentes. On peut à nouveau se remuer !

Une avancée de 2,5m nous fait pressentir une progression à venir encore plus difficile car nous retrouvons la terre et les cailloux... Peut-être un ancien écoulement ?


Actuellement, nous avons progressé d'une dizaine de mètres et descendu de 3.
Courage et détermination sont les mots d'ordre, mais cela doit aussi venir des autres membres du club pour nous donner un gros coup de mains. A 4 ou 5, nous pourrions évacuer les déblais directement.


Un avis éclairé de quelques spéléos scientifiques serait bienvenu afin d'éclaircir certaines questions que nous nous posons, notamment vis à vis de ces nuages de vapeur lors des périodes de gel prononcé.




TPAG (temps passé à gratter) : 8 heures

PasC7al




Nous quittons les lieux aux dernières lueurs du jour pour repasser au  local où Françoise et Jacques nous accueillent. Nous sommes rejoints par   Math, Jean-Phi et Grigri qui avaient de leur côté programmé deux incursions sous terre à Tilff.


La plongée programmée au Chalet avortée, NicoH s'était greffé à eux pour commencer par la visite de la Grotte du Four à Chaux. Guidés sous un grand flot de lumière par Frans  (CRSL), ils ont pu découvrir un chantier jugé extrèmement dangereux, à étançonner et maçonner comme il faut, ce qui ne sera pas une mince affaire...


Poursuite par la visite de la grotte Veronica avec ses volumes  étonnant et ses formes fascinantes qui ne sont pas sans rappeler à NicoH de belles résurgences françaises.

Motivé, Grigri suit sans hésiter, allant jusqu'à frôler ses limites en enchainant d'affreux laminoirs.


Quant à Jean-Phi ("P"), il montrera une détermination, une force, et une motivation qui lui promet une belle carrière spéléologique. Au local, à sa blonde (on parle ici de bière ;-), il avouera:

- "Si javais su, j'aurais commencé bien plus tôt!"

BINGO !






mardi 1 décembre 2009

Plongée dans l"O2 las"

Notre dernière descente en date au cœur du Vallon des Chantoires (voir "Plus on est de fous, plus on Béron Ry") nous avait décidé à nous repencher sur les siphons amont et aval du réseau de l'O2 Las. Ce n'est peut-être pas un hasard si NicoH s'est senti attiré par ce nom au double sens (*) pour renouer avec la plongéesout.

Donc, avec un plongeur motivé et des conditions correctes au niveau "aération" du réseau (**) , il ne restait plus qu'à orchestrer la sortie : trouver une date, prévenir le proprio et surtout rassembler des porteurs.

La date : samedi 21/11/09; côté Mr Balthasart : ok; pour les porteurs, là, pas aussi évident car personne n'est dupe, si les siphons sont toujours inviolés 15 ans après la découverte, ce n'est pas pour rien. Nous sommes finalement 6 à nous retrouver sous le pont de l'autoroute pour poigner dans les kit-bags. Il y a Muriel Mathy, Frank Bartos (ESS), Pascal Verkenne, Gregory Ziant, Bandorowicz Christophe, Nicolas Hecq et puis le seul gars de la bande aujourd'hui à connaitre l'O2 Las, un certain Jack London...


A travers les étroitures et diaclases d'entrée, à travers la t'Rémy, les Forçats nés, les grandes salles, les grandes galeries du collecteur fossile, la Carte Postale, la trémie noire, etc, la progression va bon train, jusqu'à atteindre ce passage bas annonçant la zone de l'O2 Las. Notre plan de route veut que Nico se mette en néo ici. Il comprendra bientôt le bien fondé de ce choix... En fait, même si nous sommes encore loin de l'objectif, un obstacle bien peu ragoûtant est à franchir. Une photo vaut mieux qu'un long discours.

"Roule ta boue"

Si Nico sait qu'il aura des sous vêtements secs (et propres) au retour, les porteurs eux n'ont pas cette chance. A vrai dire, "on" n'avait pas prit la peine de leur faire un dessin de ce qui les attendait à partir du laminoir des 'kits à roulettes". Avant de s'y engager, Bando sort un gadget sensé nous alerter en cas de carence en O2. A peine sorti du bidon, celui-ci s'est mis à bipper... Et impossible de l'arrêter. On s'en remet au test du briquet qui lui fonctionne normalement (lorsque le taux est critique, la flamme "flotte" un à 2 cm au dessus du briquet).

A la queue leu leu, le "moins mince" derrière (qui devra gratter le sol pour s'engager...), le cloaque long d'une douzaine de mètres est passé. Les gros mots volent aussi bas que la voute et la "loco" en prend pour son matricule !

-"Bande d"ngras", sachez qu'il y en a qui paye cher pour ce genre de thérapie !"

Bon, ok , la puanteur en moins... Seule solution pour garder le moral et oublier qu'il faudra repasser ce boyau putride au retour : en rire :-). Du coup, essoufflés, nous avons l'impression d'avoir quelques difficultés à respirer. Psychologique ? Peu importe, nous avons avec nous en cas de réelle nécessité une bouteille d'oxygène.

Personne n'a plus envie de traîner. La suite du réseau est plus confortable (sédiments omniprésents sous formes de dunes où apparaissent parfois quelques blocs). Nous nous retrouvons rapidement devant le second obstacle, à savoir le pertuis vertical au bas d'un entonnoir de terre. En baïlonnette, il donne sur un ressaut glissant au bas duquel on prend pied dans le ruisselet.

Hormis le maigre filet issu de l'affluent Alpin, il est aujourd'hui encore inactif. C'est presque dommage, un peu de courant eut été apprécié pour emporter la touille. Petit coup d'œil pour Nico au siphon amont qu'il juge intéressant et puis direction le siphon aval avec tout le matériel qui nous déployons à même la vasque siphonnante, plus engageante que l'autre.

Un coup de Scurion dans cette eau limpide éclaire ce qui attend Nico. Concentré, il se prépare. Est-ce bien raisonnable d'avoir attiré un copain jusqu'ici pour qu'il tente audacieusement de repousser plus loin l'inconnu ? Le moment n'est plus à philosopher mais plutôt se dire se dire que ça va passer !


Laissons raconter la suite à l'homme de pointe :

Je m’équipe tranquillement sous les coups de flash de Jack et dans le brouhaha de deux « Perruches Mam’dyennes » qui ont fait la route avec nous :-p
J’allume mes lampes, un petit signe et je pars les palmes en premier.
Le début du laminoir est confortable mais le plafond, couvert de cupules, s’abaisse très vite aux alentours des 40cm de haut. La largeur du conduit est de l’ordre de deux mètres.
La visi s’est complètement annulée, inutile d’espérer contrôler le profondimètre et les manos.
Les palmes me gênent terriblement et me ralentissent. J’ai la sensation de descendre beaucoup et l’impression de durée m’incite à remonter pour contrôler le niveau de mes bouteilles.
Surface après 5 minutes de plongée à -3 mètres. Je ricane…

J’ôte mes palmes et repars. Le fond du siphon est vite atteint, il fait noir et les détendeurs sont durs...à la détente. Le plafond s’abaisse encore.
Près de 5 minutes passent dans cette boue liquide pour trouver le passage clef. Une fois cette étroiture franchie, je sens que ça remonte, les parois semblent plus verticales, je ne suis plus dans un laminoir. Fébrile et plein d’espoir, je m’attends à franchir le miroir. Malheureusement les parois et le plafond se rapprochent, ça queute… Demi tour.
En repassant l’étroiture au point bas, j’ai l’impression que je change de direction.

21 minutes, 22m de développement et 3,5m de profondeur.

Après le débriefing avec Yves Dubois, il semblerait que ce changement de direction et cette étroiture soit un passage d’interstrate vers une diaclase. Il est donc probable que la suite se trouve dans le prolongement de cette diaclase. (voir le croquis d’explo)

Puisqu’il me reste de l’air, nous décidons de jeter un œil au siphon amont.
Sans démonter les détendeurs, nous transportons délicatement les bouteilles jusque là.
Les porteurs ont froid, je ne trainerai donc pas.

Le fil accorché, je pars de nouveau sans palmes et les pieds en premiers. Je n’y vois donc de nouveau rien, mais le siphon s’avère plus vaste et plus confortable, contrairement aux apparences. La descente s’effectue en pente douce puis, soudain, le sol disparait. Je me laisse couler prudemment, de nouveau une étroiture à franchir et ça redescend encore de 2m. C’est horizontal, le fond, et il y a a assez de place pour me retourner et retrouver l’eau claire. J’aperçois la suite qui remonte en inter strate, j’hésite, mais décide de faire demi-tour, inquiet pour mon autonomie. Ce sera pour la prochaine fois avec des bouteilles bien gonflées.
7 minutes, 20m de développement, 6,1m de profondeur et arrêt sur rien...

Croquis d’exploration « intuitifs » et extrêmement subjectifs "vu" la visibilité nulle


La fin de la deuxième mi-temps sifflée, le matériel est enkitté prestement car nous avons tous hâte de retrouver le plancher des vaches. Malgré les étriers mis en place, l'onctuosité glaiseuse du ressaut laisse quelques souvenirs au plus raide d'entre nous (on vous laisse deviner qui :-).


Le franchissement des laminoirs nous fait prendre une dizaine de kilos supplémentaires qu'il faudra traîner jusqu'à trouver une vasque pour rendre un peu de ses sédiments à la grotte et surtout alléger radicalement nos kits. Bien chargés quand même, la remontée nous prend finalement, déséquipement compris 3h30. TPST : 9h00


Petit débarbouillage et décrassage en surface avant d'appeler nos proches et finir la soirée au Chalet devant une frite et un verre de houblon en cie de Robs, Yves Dubois ainsi que PDBie et Annette qui dormiront au local pour être sur les lieux de l'exercice programmé demain par la commission Spéléo Secours.


* Nom de baptême faisant allusion à un phénomène assez rare sous terre celui du manque d'oxygène mais aussi à la symbolique qui se cache derrière la notion d'Au delà décrite dans la mythologie grecque en parlant du Rubicon ( nom qu'on donne à la rivière de la grotte de Remouchamps) qui était une rivière que l'on doit traverser avec un passeur à payer pour entrer dans le royaume de la mort.
"O2 las" (oxygène fatigué, danger de mort, collecteur de Remouchamp), une appellation vous l'aurez mieux compris maintenant, aux multiples significations. En tout cas, un jeu de mots cher à notre ami Yves.

** je n'ai pas dit ventilation... Entre mouvement d'air et courant d'air, il y a une nuance de taille ;-)