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samedi 23 mars 2013

En raquettes sur les Hauts Plateaux du Vercors


C'est qu'on deviendrait neurasthénique à force de passer tous ses loisirs sous terre ... Rien de telle qu'une petite cure de luminothérapie de temps à autre pour reprendre des couleurs et se remonter le moral. Surtout après la longue période de grisaille de cet hiver particulièrement maussade et encore plus l'impossibilité pour moi de participer cette année à l'expédition du GSAB au Mexique... dur dur :-(

Dans ce contexte, l'idée émise par Christophe d'un petit raid en raquettes quelque part au soleil était la bienvenue. Restait à trouver un itinéraire, décider d'une date et espérer une bonne fenêtre météo.


Ayant gardé un excellent souvenir de notre escapade en 2009 autour du Grand Veymont, nous optons pour remonter sur les Hauts Plateaux du Vercors. Avec Christophe et ses deux collègues Yves et Fred, avec Benoit G, nous sommes 5 à prendre 5 jours de liberté du 02 mars au 06/03, rassurés par des prévisions météorologiques optimistes.

Départ avec la Jumpy le samedi au petit matin pour débarquer fin d'après midi avec armes et bagages à Archiane (Treschenu-Creyers), hameau en cul de sac situé au pied du cirque du même nom. J'ai réservé par email une chambre à l'unique auberge du bled pour y passer la soirée et la nuit en demi-pension.

Comme convenu avec le dénommé Kaber, gérant des lieux, nous effectuons directement à notre arrivée et un peu dans l'urgence, une navette qui nous permet de placer la camionnette à l'arrivée du circuit prévu, à savoir au bout du vallon de Combeau.

Souper ma foi tout à fait honnête, partagé avec un groupe de français ayant découvert les joies de la raquette.


Dimanche : lever matinal, p'tit déj à 07h00 et départ dans la foulée avec des températures positives et l'assurance du grand beau temps pour au moins deux jours. Il faudra attendre d'être au départ de la combe de l'Aubaise pour enfiler les raquettes. Le cirque ensoleillé est grandiose et la rencontre presque tête à tête avec des bouquetins rend l'endroit encore plus sauvage. Les stalactites de glace tombées des surplombs rajoutent un peu de piment à la traversée des grandes vires.


Vient alors le moment où plus moyen d'avancer sans raquettes, surtout pour Fred malgré sa pointure 47... qui m'a fait craindre qu'il ne pourraient les chausser ! Arrivés sur le plateau au niveau des 4 chemins de Jasneuf, nos deux amis Yves et Fred commencent à trouver que ça monte depuis trop longtemps... L'idée d'aller jusqu'à la cabane de Châtillon aujourd'hui s'avère du coup trop ambitieux. La cabane de St Roman assez proche nous le savons ne se prête pas au bivouac et nous n'avons guère d'infos sur le confort de la bergerie de Laval d'Aix encore bien loin, sinon qu'il n'y a pas de poëlle... Changement de programme, nous irons ce soir à la Cabane de Pison et monterons plutôt demain sur la montagne de Glandasse.

Nous arrivons à destination dans l'après-midi et nous installons dans cette abri forestier en bordure des Hauts Plateaux. Ici, point de panorama dégagé mais la garantie de passer une soirée au coin du feu. Laissant les deux "GSK" se ressaisir, Ben, Tof et moi décidons de faire un petit  bout supplémentaire en direction de Pré Peyret, ce qui nous permettra d'aller admirer les grandes étendues au nord du massif ainsi que le Grand Veymont. Nous sommes de retour à la nuit tombante. Nous partagerons les lieux avec deux hôtes supplémentaires, un père et son fils qui auront l'occasion de gouter au Pêket citron. Un bon gros lyoph, une petite soupe, un bout de chocolat, une tisane, un gros pipi et tout le monde est dans ses plumes à 21h.


Lundi : lever avec le soleil bien présent comme annoncé. Le temps de s'enfiler le déjeuner, faire de l'eau, se préparer un petit sac pour la journée et c'est parti avec pour objectif de faire l'aller retour sur la montagne de Glandasse. La température est idéale, pas un pêt de vent, et malgré ça, la neige reste de bonne qualité.
Fred ayant quelques douleurs au genou, nous faisons un crochet par la cabane de St Romans où il fera escale pendant que nous montons jusqu'à la Bergerie de Laval d'Aix. Ca grimpe ferme mais y'a pas à dire, ça en vaut la peine. Une fois sur le plateau, le panorama prend une dimension supplémentaire. La suite est plus facile, presque à plat, sauvage à souhait, magnifique.

Nous atteindrons ainsi la bergerie qui finalement dispose en plus de l'étable d'une pièce ouverte au randonneur de passage. Juste 4 murs, une bonne couchette pour 4 personnes, quelques chaises. Plus un genre de grenier où il y a moyen de taper son mousse mais bof bof en cette saison.

Le temps de casser la graine et nous faisons demi tour en repassant par le sommet tout proche (1981m) et les crêtes pour ensuite redescendre par le Pré Imbert, le Bois du Roi et rejoindre ainsi Fred ainsi qu'Yves qui avait poussé jusque sur le plateau.


Il nous faudra encore deux heures pour rentrer au bercail via la Jasse de la Ville, la fontaine des Bachassons et du travers tout , un régal !


Soirée et nuit tout aussi agréables que la veille, avec comme somnifère cette fois, une petite goutte de vodka polonaise.

Mardi : comme prévu, la météo change, le vent s'est levé et les nuages ont envahi le ciel. La montagne change radicalement de visage.
Il est à peine 9 heures quand nous quittons le Pison, bien plus léger qu'à l'aller. Nous piquons aujourd'hui vers l'Ouest, en passant par la bergerie de Jasneuf pour atteindre assez rapidement l'abri de Chaumailloux où nous nous abritons pour le casse croute de midi. Nous repartirons avec quelques flocons de neige en direction de Chamousset.et son point de vue tout proche. De là, c'est la descente vers la cabane de l'Essaure en optant par la variante passant sous la Montagnette.



Il est encore relativement tôt lorsque nous prenons nos quartiers dans cette belle petite cabane en dur qui n'a probablement plus été fréquentée ces derniers jours car nous avons bien du mal à y faire monter la t°. Nous n'aurons pas heureusement à partager les lieux qui suffissent juste pour 5. Fin de journée animée grâce à un jeu de cartes.


Mercredi : nous avons mis le réveil à 6 heures. Il a neigé la nuit, juste de quoi mettre un voile de neige fraîche sur la fin du parcours qui emprunte le vallon de Combeau jusqu'au gîte fermé. Il est 9heures quand nous reprenons la route pour la Belgique que nous atteindrons en début de soirée, non sans avoir profiter à midi d'un menu "ouvrier" des plus consistants du côté de Bourg en Bresse (Restaurant l'Ardoise, une super adresse !).

 


(F11 pour bénéficier du plein écran, et activez le "I" de la barre de menu supérieur pour voir les légendes sous les photos, le tout sur une musique de Amy Mac Donald : This is the life !)



Jack

Et en bonus, une petite pub pour Vercors-TV administré par nos ami(e)s Guy Meauxonne et Geneviève Rouillon avec quelques sujets bien en phase avec notre activité

 

Le Glandasse par la Combe de Veyranche
Une année exceptionnelle pour tenter des itinéraires à ski dans les couloirs du côté d'Archiane, dans le Diois. 

Raid en Raquette sur les Hauts-Plateaux du Vercors
Dans le massif du Vercors, la randonnée en raquettes prend de plus en plus d'importance. Ce n'est pas tout de s'aventurer sur le territoire de la réserve, encore faut-il s'abriter la nuit par -20°. Neige, glace et soleil sur la montagne.

Symphonie glacée
Quand le Vercors prend des allures de grand nord, les arbres ploient sous le givre, les falaises et les rivières gèlent, la glace devient l'artiste de l'hiver.







 

jeudi 8 novembre 2012

Le Vercors résiste encore




Haut lieu de la résistance durant la dernière guerre mondiale, le Vercors a toujours de quoi se défendre comme nous avons pu nous en rendre compte cet automne lors de notre camp de la Toussaint 2012, avec quelques jours avant notre départ, une tempête de neige qui a vu le massif se couvrir d'un manteau blanc de plus d'un mètre d'épaisseur sur les plateaux. Du jamais vu d'après les anciens à cette période... Et du coup un accès et des déplacements sur place rendus d'autant plus difficiles que l'axe Villars de Lans-Choranche était bloqué aux Jarrands pour réfection des gorges.
Pas de quoi arrêter les valeureux gaulois que nous sommes... mais quand même, sacrée forteresse que cette région à cheval sur la Drome et l'Isère !


Ce sont Stef, Jona et Yves qui débarquèrent en premier avec la pluie à Choranche, le 30/11/2012; Marc et Mathieu (un revenant !) ensuite le lendemain en fin de journée et enfin Tof, Jack, Lio, Pascal, Fred dans la nuit qui suivait. Notre point de chute : le "Vol de Nuit", super gîte planté en plein cœur du village et coincé entre les torrents issus de Coufin+Chevaline et du Gournier, tout deux mis en charge par le redoux qui s'amorce. 

Grande classique du coin : la grotte touristique de Coufin (choranche)
Du coup, avec le soleil qui réapparait et la température en hausse, notre projet d'effectuer la traversée Christian Gathier (Trou des Anciens-Scialet du Toboggan) s'en trouve compromis. Avec tant d'eau sous terre, on peut l'oublier :-( Et à vrai dire, avec des conditions aussi défavorables, on en vient à se demander si on pourra faire quelque chose d'intéressant durant les trois jours à venir...
Notre première idée est d'aller voir le porche de la Grotte de Bournillon qui devrait au moins nous offrir un spectacle grandiose. Mais l'atteindre n'a rien d'évident. Les arbres ont mal supporté le poids de la neige et c'est un vrai parcours du combattant qu'il faut franchir pour atteindre l'entrée. De l'eau, il en sort par m3. Pour le plaisir, nous remontons jusqu'au portail, infranchissable dans l'état. Mais quel ambiance ! Nous passerons cependant derrière en empruntant la "vire des chèvres" via l'éboulis remontant en rive gauche. Arrêt sur voute basse avant le Village Nègre.


Après cette petite mise en jambe, nous (Pascal, Lio, Jack, Christophe, Jona, Mat) embrayons dans l'après midi par la Grotte Favot, cavité très esthétique et fort fréquentée à la bonne saison car facile. 180 m de dénivellé sur un sentier très raide la sépare de la route. une formalité en temps normal. Mais avec 80 cm de neige dans une pente à 45°, l'approche s'avère ici aussi très délicat. Sans le moindre repère ou marquage, nous ne pouvons que nous fier au GPS pour trouver l'entrée. Mais malgré ça, nous avons failli renoncer au pied de la barre verticale menant sur l'esplanade d'entrée invisible du bas.


Mais bon, notre acharnement est récompensé. La vue sur la vallée est superbe. Et celle sur le tube phréatique plongeant à 30° sur 70m (MC plus que conseillée) ne nous décevra pas. Au delà, les grands volumes débouchent sur deux puits (14 + 35) que Christophe et Pascal descendrons pendant que le reste de la troupe fouinera dans un petit réseau latéral de bonne facture, avant d'aller se réchauffer à la lueur d'un petit feu allumé dans le porche. Descente ensuite "olé-olé" dans la pente pour retrouver les bagnoles et rentrer dans la soirée au gîte où Yves, Marc et Fred nous avaient préparer une tartiflette digne de ce nom.


Vendredi 2/11 : lever matinal mais nous ne sommes pas tous le monde n'est pas sur la même longueur d'onde. Ca cafouille un peu. Il faut faire le plein de caburant, trouver des compléments de nourriture mais aussi un objectif spéléo qui "tienne la route".
C'est justement la route qui nous pose problème puisque celle menant à la grotte Roche est barrée au niveau du Pont de la Goule Noire, avec interdiction aux piétons (y compris les spéléos !) de circuler au delà... Faire 800 bornes pour s'arrêter à 800 m du but ? Non, faut pas charrier ! Malgré l'imposant grillage défendant l'accès au tunnel, nous décidons de braver l'avertissement.

"Itinéraire RECOMMANDE", on n'a rien inventé !
Nous ne le regretterons pas, la cavité et en particulier ses nouveaux développements valent vraiment le déplacement. Pour savoir tout sur cet ancien drain, nous ne saurons trop vous conseiller d'acheter le livret didactique que lui a dédié le CDS38.



TPST : 4 bonnes heures en prenant tout notre temps pour profiter des magnifiques décors tout en encadrant notre benjamin Frédéric.
Retour par le même chemin, accompagné d'un crachin qui fera envoler nos maigres espoirs d'aller parcourir demain la galerie fossile du Gournier où Stef Jona et Marc sont aller se rendre compte sur place que l'échelle de niveau placée à l'entrée affiche 60 cm, bien trop haut pour espérer quoi que ça soit ici avant longtemps.
Au gîte, nous sommes accueillis par un risoto maison concocté par le chef Jona, le tout accompagné d'un cépage qui déliera les langues tard jusque tard dans la nuit.


Samedi : soleil de la veille et pluie de la nuit n'ont fait qu'accroitre le dégel, ce qui se traduit par plus d'eau encore aux exutoires. Nous décidons de nous replier sur l'Antre de Vénus une cavité que nous n''avons jamais visité mais dont ont dit qu'elle vaut le détour. Tu parles d'un détour ! Depuis ce matin, en plus du tronçon des gorges de la Bourne impraticable, impossible d'atteindre la Balme de Rencurel et sa déviation sur Villars. Obligés de redescendre sur Pont-en-Royans et remonter sur St-Martin, revenir sur St Julien et se farcir toute la forêt d'Herbouilly. Plus d'une heure de route pour atteindre Méaudre et son hameau Les Girauds où démarrent notre marche d'approche. Une petite demi heure de marche dans la neige et nous nous retrouvons devant la minuscule entrée (31t 0700186 / 4999397 en UTM WGS84 / Z : 1150m) défendue par une porte (clé via le CDS 38).


Nous avons bien fait d'emmener la pelle à neige pour dégager l'orifice. Il s'ouvre sur un minuscule soupirail ventilé, bien trempé par le dégel et donne au bout d'une dizaine de mètre au plafond d'une étonnante grosse galerie haute d'une quinzaine de mètres (C30 + 6 amarrages minimum). Si l'obstacle n'est pas de taille, il demande avec sa roche friable un peu d'attention. Et aujourd'hui, il est un peu flotté, ce qui déplait à notre petit Fred qu'une longue attente dans le froid en attendant son tour a frigorifié, obligeant Pascal à ressortir avec lui. Dommage pour nos amis qui ne pourront admirer cette incroyable conduit fossile vieux de millions d'années. Près d'un kilomètre à l'horizontale, balisé car ponctué de coulées blanchâtres immaculées, formations de calcite surprenantes et autres dépôts uniques. Un vrai régal et de quoi faire perdre la tête à notre géologue ! Bref, à visiter absolument si vous passer dans le coin.

Sortie à la nuit tombante pour ensuite faire un crochet chez les Mox's aux Eymes où Arthur et Guy nous accueillent avec une bonne Leffe bien de chez nous ;-). Merci et bonjour à Gen et Felix !
Retour sur Choranche en tentant de forcer le passage à la Balme de Rencurel mais pour finalement buter sur l'éboulement impressionnant responsable de l'énorme détour imposé à l'aller et par conséquent au retour aussi. Sauf pour Christophe et Mathieu qui décidèrent de rentrer en direct à pieds ! 
C'est avec un plat de Ravioles (spécialité locale, stratifiée comme il se doit !) préparé gentiment par la gestionnaire des lieux que nous clôturons le séjour.


Finalement, avec trois belles sorties à notre actif, nous nous en serons pas mal sortis au vu des conditions imposées par la météo. Lorsque le dimanche matin nous tournerons le dos au Vercors pour rentrer en Belgique, nous serons plus d'un à nous dire que c'est là que nous aurions dû vivre...

Je ne peux terminer ce CR sans évoquer l'accident quasi inévitable survenu au Luxembourg. Grosses frayeurs et emmerdes pour les passagers mais pas de blessés heureusement ! Juste la voiture de Stef déclassée et rapatriement dans les règles :-((
Comme quoi en spéléologie, on risque bien plus lors des déplacements routiers que sous terre...

Les clichés publiés ici sont de Stéphane et Jack

Et via Les Horizons Cachés :





mardi 10 février 2009

Rando Raquettes sur les Hauts Plateaux du Vercors


Les projets spéléos d'envergure tels que le Mirolda ou le Gournier abandonnés faute d'amateurs mais surtout faute de conditions hivernales sûres, nos intrépides randonneurs Jack, Bando et Alain Genicq se sont repliés sur le Vercors pour un raid en raquettes à travers les Hauts Plateaux.


Cinq jours du 28/1 au 01/02/09 (dont deux déjà consacrés aux trajets) pour prendre un grand bol d'air frais et une bonne dose d'U.V. tout en veillant à ne pas prendre froid !

Beaucoup de bol avec la météo, juste la fenêtre qu'il fallait du jeudi matin au samedi soir.

Un superbe circuit avec le J2 quelques 900 m de dénivellé en face du mont Aiguille pour monter sur le plateau via le Pas de la Selle et dormir au pied du Grand Veymont (abri des Aiguillettes).

J3 : descente sur la Grande Cabane pour ensuite tirer pendant des kilomètres vers le Sud, en passant par le Pré Peyret, et au niveau du col du Pison, bifurquer vers la Bergerie de Jasneuf pour y passer une seconde nuit à la dure, sans chauffage.

J4 : petit détour par Chamailloux pour remonter vers le Sommet de Monteveilla en longeant les crêtes des Rochers du Parquet. Redescente à la nuit tombante à la Bâtie via le Pas des Bachassons. Nuit chez Jan M. que nous remercions "chaleureusement" ;-) pour le gîte. Un petit coin de paradis qui vaut le détour !

Tout ça est illustré et commenté par JCL sur une sélection de clichés éblouissants (pas loin d'une centaine quand même) à voir en plein écran (touche F11 du clavier) sur